Napoléon et Montpellier

Le médaillon du Docteur GUILLARD
Le 24 avril 2018 j'ai assisté à une conférence organisée par:
le Souvenir napoléonien - délégation Languedoc-Cévennes Cercle Napoléonien de Montpellier Jacques Alibert - Louis Lepic
http://tholos.fr/bulletins.html
Le titre de la conférence était : Conférence : Napoléon - 1840 - l’Exhumation et le Retour des Cendres
" En 1840, le roi Louis-Philippe obtint le rapatriement en France de la dépouille mortelle de Napoléon, inhumée à Sainte-Hélène en 1821. Le passage du catafalque sous l’Arc de Triomphe,
récemment terminé, et sa descente des Champs-Élysées donna lieu à la première grandiose manifestation nationale sur la plus belle avenue du monde. Elle constitue l’un des moments fondateurs
de la Légende napoléonienne. Le conférencier nous fera revivre les épisodes du voyage aller et retour de la frégate La Belle Poule sous les ordres du prince de Joinville, fils du roi, jusqu’à Sainte-Hélène et
surtout le moment émouvant de l’exhumation. Car une reconnaissance du corps, parfaitement conservé, fut opérée en présence de ses anciens compagnons d’exil. Elle ne dura que trois minutes. Pendant ces trois minutes, une relique anatomique (fragment d’épiderme) fut subrepticement prélevée par le docteur Rémy Guillard, chirurgien-major de la Belle Poule, chargé de l’examen du corps.
Longtemps considérée comme douteuse, cette relique a pu être récemment authentifiée grâce à un travail ancien du professeur Roger Jean, éminent pédiatre de la Faculté de Médecine de Montpellier,
époux d’une arrière-arrière-petite-fille du docteur Guillard.
C’est la raison pour laquelle l’historien Jacques Macé a choisi la délégation Languedoc-Cévennes du Souvenir napoléonien et la ville de Montpellier pour révéler cette découverte
à un large public. "
C'est pourquoi il me parait logique de parler de cette découverte importante qui touche Montpellier dans la rubrique de Napoléon et Montpellier.
C'est ce que nous a expliqué l'historien Jacques Macé après un long travail de recherche sur un travail ancien effectué par le professeur Roger Jean, éminent pédiatre de la Faculté de Médecine de Montpellier,
Le professeur Roger Jean est l'époux d’une arrière-arrière-petite-fille du docteur Guillard.
Ce professeur a fait de longues recherches parmi les archives notamment celui du journal du docteur Guillard son éminent ancêtre et aurait fait une riche découverte.
Le Docteur Guillard, aurait trouvé une phrase suivante parmi les différentes lettres qu'il a étudiées::
<< Je remis le satin ouaté à sa place. Je versai dessus une petite quantité de créosote, puis je fis rabattre le couvercle en fer blanc. En examinant tôt après ma main droite, j'y trouvai qu'une portion de cette matière blanche y était restée. Je la ramassai très précieusement : elle venait du front >>.
Interprétation : s'il a ramassé "très précieusement" le débris de satin ouaté , c'est bien parce qu'il avait deviné qu'un fragment d'épiderme du front y était accroché. Il a ensuite séparé celui-ci pour le conserver dans le médaillon.
Le professeur JEAN réalise un extrait du document qu'il présente le 17 mai 1980 devant la Société française d'Histoire de la Médecine (SFHM) et qui est publié ensuite dans la revue Histoire des Sciences médicales (HSM), volume 14, 1980, p. 271 à 276.
Malheureusement le PR JEAN à cette époque ignorait l'existence d'un médaillon déposé au Musée de l'Armée par l'intermédiaire d'une autre branche de la famille et qui contenait ce fameux bout d'épiderme.
Et c'est donc l'historien Jacques Macé qui fait le lien avec la découverte du Professeur Jean et le fameux médaillon entreposé au Musée des Invalides..
Donc le docteur Rémy Guillard était le chirurgien-major du navire la Belle Poule. Ce docteur était chargé de l’examen du corps de l'empereur Napoléon 1er. La Belle Poule est partie de France en 1840 avec l'équipage chargé de rapatrier le corps de l'empereur.
Après un long périple dans l'océan atlantique la Belle Poule arrive devant l'ile de sainte hélène.
C'est le 15 octobre1840 que le cercueil de Napoléon est remonté de la profonde fosse où il a été inhumé dix-neuf ans plus tôt.
Dans son rapport officiel remis au comte de Rohan-Chabot, chef de mission, le docteur Guillard fait une description précise du corps et indique : « Le crane et le front adhéraient fortement au satin », ce que confirme le général Gourgaud : « Le coussin que l’on avait enlevé avait, collé sur lui, la peau de la figure de l’Empereur ».
Pour éviter la destruction des restes par l’atmosphère humide, on décide de refermer bien vite les trois cercueils, placés dans un second cercueil en plomb et enfin dans le sarcophage d’ébène amené de Paris, après que le docteur Guillard, à la demande pressante de Gourgaud, est déroulé et remis sur le corps le voile de satin. Décrivant de nouveau la scène dans ses mémoires, Guillard écrira : « Moi seul peut donner ces détails, moi seul ai vu de près, moi seul ai touché. Cette exhumation m’a offert le spectacle le plus dramatique que j’ai vu dans ma vie ».
Durant les quelques secondes où il a remis en place le voile de satin, Guillard a, selon toute vraisemblance, détaché ou recueilli l’un des fragments d’épiderme collé au coussin de satin et l’a conservé. C’est ce qui allait être découvert un siècle plus tard car, durant sa vie, le docteur ne pouvait avouer un larcin qui constituait une forfaiture par rapport à la mission officielle qui lui avait été confiée.
Le docteur Guillard a été très marqué par cette mission qu'il considérait comme la plus importante de sa vie. En arrivant au large de Cherbourg, il écrivit dans sa dernière lettre à son épouse :
<< Oui, mon Eléonore, notre nom sera désormais immortel. Tant que l'on parlera du grand héros, on parlera du docteur qui en fit l'exhumation, alors que ses restes ont été rendus à la France >>.
Le docteur Jean Guillard de retour en France aurait donc conservé ce fragment d'épiderme et l'aurait mis dans un petit médaillon. Ce petit médaillon, jusqu'à présent non authentifié, a été longtemps exposé au musée des Invalides. Il contient le petit morceau de l’épiderme du front de Napoléon 1er qu'il aurait donc recueillis

Il est inscrit :Epiderme du front de l’empereur napoléon 1er.
Toutes les recherches ont été effectuées par le professeur Roger Jean :
Mais comment ce médaillon est il arrivé ici ? Est il authentique ?
Pour en savoir plus sur cette découverte et toute l'histoire, vous trouverez ci-dessous le lien vers le site de l'historien Jacques MACE. Site dont est tiré une partie de l'article ci-dessus.
http://jacqmace.wixsite.com/histoires/guillard
Jean-Jacques de Cambacérès

1753-1824. Né à Montpellier,
archichancelier de Napoléon, auteur du code civil en 1804.
1753 : Naissance à Montpellier de Jean-Jacques Régis de Cambacérès.
1791 : Achat du Château de Saint-Drézery.
1793 : Élu Président du comité de Défense Générale et de Salut Public,
Cambacérès présente son premier projet de Code Civil à la Convention.
1796 : Élu Président du Conseil des Cinq-Cents.
1799 : Cambacérès devient Second Consul de la République.
1804 : Vote et promulgation des 36 projets de loi composant le Code Civil.
1815 : Pendant les Cent-Jours, Cambacérès est nommé Archichancelier de l’Empire
et Ministre de la Justice.
1816 : Exil à Bruxelles.
1824 : Décès de Cambacérès à Paris des suites d’une attaque d’apoplexie.
Homme de loi, le Montpelliérain Jean-Jacques Régis de Cambacérès fut l’un des
grands collaborateurs de Napoléon. Ensemble ils ont conçu le Code Civil toujours
en vigueur de nos jours. Le droit est une spécialité montpelliéraine à travers
les siècles.
La famille Cambacérès était de noblesse de robe : elle comptait trois
générations de magistrats. Après de brillantes études, littéraires et
juridiques, au collège d’Aix-en-Provence, il s’installe à 19 ans, comme avocat à
Montpellier. Il se retrouve seul : sa mère est morte, son frère est au
séminaire, son père est accaparé par sa charge de maire
de Montpellier. Installé comme avocat à Montpellier, Jean-Jacques Régis ne
semble pas avoir
plaidé beaucoup ; il se consacre à l’étude des lois et passe ses soirées au
théâtre. En 1774, Jean-Jacques Régis succède à son père dans la charge de
conseiller à la Cour des Comptes. Pendant quinze ans, il travaille beaucoup et
il prend l’allure sévère et solennelle qu’il gardera toute sa vie. En politique,
il adopte les idées nouvelles qui annonçaient la Révolution de 1789. Notamment,
il est initié à la loge maçonnique des Amis fidèles et y introduit son ami
Chaptal. La Révolution arrive : en mars 1789,
Cambacérès participe à la désignation des délégués de la province aux
Etats-Généraux, dans les rangs de la noblesse; le 5 février 1790, il est parmi
les fondateurs de la «Société des Amis de la Constitution et de l’Egalité de
Montpellier» ; en 1791, il achète un bien national, le domaine de Saint-Drézery,
dans le canton de Castries, près de Montpellier. Elu député de l’Hérault à la
Convention Nationale, Cambacérès se rend à Paris, où il vit modestement au 3e
étage d’un appartement proche du célèbre café Procope. Cambacérès est alors
chargé par la Convention de préparer un projet de Code Civil. Avant 1789, la
législation civile française n’était pas unifiée : dans l’ancien droit, on
distinguait traditionnellement les pays de droit écrit et les pays de droit
coutumier. Au Sud d’une ligne partant de Rochefort et aboutissant à Genève,
c’est-à-dire dans les régions du Rhône, de la Dordogne et de la Garonne, on
appliquait des lois civiles inspirées du droit romain, tel qu’il résultait de la
codification byzantine ordonnée par l’empereur Justinien. On était en pays de
droit écrit. Au contraire, au Nord de cette ligne, dans les régions de la Loire,
de la Saône et de la Seine, «de poste en poste, disait Voltaire, on changeait de
jurisprudence en changeant de chevaux»: On était en pays de coutume. Il existait
environ 60 coutumes générales et plus de 300 coutumes locales. L’unification de
tant de lois diverses avait séduit bien des esprits comme Louis XI et Colbert,
mais la réforme n’avait pas été réalisée. Un même code pour tous les Français
Sous la Révolution, de profondes mutations
juridiques engendrées par la suppression des privilèges avaient lieu :
l’institution du divorce, la suppression de la séparation de corps,
l’assimilation des enfants naturels aux enfants légitimes, la création de
l’adoption, la sécularisation du mariage et de l’état civil, la publicité des
hypothèques. Il fallait codifier et rédiger un Code Civil applicable à tous les
Français. C’est ainsi que Cambacérès se mit au travail. La Convention trouvait
le projet de Cambacérès encore trop marqué par les préjugés des hommes de loi.
Aussi, peu après les événements de Thermidor, il présente à la Convention en
1794 un deuxième projet bref et succinct. Le projet est renvoyé devant une
Commission, où il s’enlise, deuxième échec. C’est sous le Consulat que le projet
de Code Civil aboutira. Après Marengo, Bonaparte avait dit à Cambacérès nommé
Second Consul : «Vous avez fait plusieurs codes ; ne pensez-vous pas qu’il
faudrait les refondre et de présenter au Corps Législatif un projet à la hauteur
des idées du siècle et digne du gouvernement ?» En 1801 la refonte était
réalisée, puis discutée au Conseil d’Etat. Cela durera quatre ans. Bonaparte ne
ménagea pas sa peine pour faire aboutir ce projet que ni les Rois, ni la
Révolution n’avaient pu réaliser. Napoléon était très fier de ce Code Civil des
Français qui devait, en 1807, prendre la dénomination de «Code Napoléon». Il
dira à Sainte-Hélène : «Ma vraie gloire, ce n’est pas d’avoir gagné quarante
batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien
n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code Civil». Mais, conscient
des évolutions qui s’annonçaient, Napoléon disait également : «Il faudra le
refaire dans trente ans», ce que l’on ne fit pas.
Montpellier Agglomération • HARMONIE N° 241 • Juin 2007 • www.montpellier-agglo.com
Charles BONAPARTE
Mort du père de Napoléon Rue de Verdun et rue du Cheval Vert. C’est dans
l’un des temples du rock, le Rockstore ( qui fut
autrefois le cinéma l’Odéon où l’on projeta en 1928 le chef d’œuvre d’Abel
Gance « Napoléon ») qu’était enterré en 1785
Charles Bonaparte, le père de Napoléon. À l’époque, le lieu était une église,
celle de l’Observance. Charles Bonaparte a en effet séjourné trois mois à
Montpellier rue du Cheval Vert, près de Saint-Denis, pour soigner un ulcère. Par
la suite le corps fut transporté à Saint Leu, près de Paris, puis en 1951, à
Ajaccio, où il repose à côté de sa femme Lætitia. Charles Bonaparte mourut en
à Montpellier, où il était venu pour se faire traiter d’un squirre à l’estomac.
C'est à la suite de témoignages irrécusables, que Charles Bonaparte séjourna et
mourut dans une petite maison hors des murs de la ville, Pendant son séjour à
Montpellier, Louis Bonaparte fut très entouré par ses amis d'abord, par
certaines notabilités de la cité paroisse également, en 1784, de Charles
Bonaparte, à quelques pas de la maison où celui-ci avait rendu le dernier
soupir.
Montpellier Agglomération •
HARMONIE N° 234 • Novembre 2006 • www.montpellier-agglo.com
Charles Bonaparte avait quelque fortune, mais elle fut presque réduite à rien
par de fausses entreprises et par l'injustice des Jésuites. Lui-même nous
apprend ces circonstances dans une requête qu'il adressa dans le temps à M. de
Ségur. Nous allons en donner un extrait, où l'on verra quel cas Charles faisait
de son fils Napoléon.
MOWSKIGNEUR , «
Charles Bonaparte , d'Ajaccio en Corse , réduit à l'indigence par l'entreprise
du desséchement des salines, et par l'injustice des Jésuites, qui lui enlevèrent
la succession adonne, à lui dévolue, et affectée aujourd'hui à l'instruction
publique, a l'honneur de
vous représenter que son fils cadet (Napoléon) se trouve depuis six ans à
l'école royale militaire de Brienne; qu'il s'y est toujours comporté d'une
manière distinguée, comme il vous est aisé, Monseigneur,de le connaître en vous
faisant rapporter ses notes. »
II terminait en suppliant le ministre de placer son cadet, de recevoir élève du
gouvernement son troisième fils (Lucien ), alors élève du collége de Brienne,
aux frais du suppliant, lequel n'avait plus les moyens de contribuer à sa
pension.
Charles Bonaparte mourut le 24 février 1 7 85, à l'âge d'environ trente-neuf
ans. Depuis long•temps il était malade : il avait éprouvé quelque soulagement
dans un voyage à Paris; mais il succomba dans une seconde attaque à Montpellier,
où il fut enterré dans un des
couvens de cette ville. Un procès-verbal de l'ouverture de son corps constate
qu'il mourut d'un cancer à l'estomac, et décrit les effets occasionnés parcelle
maladie. Cette pièce, datée du 25 février 1786, et signée par quatre médecins,
est, dit-on, en ce moment,
entre les mains de M. le professeur Dubois. Charles Bonaparte n'avait été rien
moins que dévol, et il s'était même permis quelques poésies antireligieuses.
Toutefois, il mourut avec des sentimens de piélé, et entouré des secours de la
religion. Prêt à expirer, et bien que Joseph Bonaparte fût près de lui, il ne
soupirait, dans son délire, qu'après Napoléon , qui était au loin à son école.
Il l'appelait sans cesse pour qu'il vînt à son secours avec sa grande épée. (1)
Sous le consulat, les notables de Montpellier, par l'organe de leur compatriote
Chaptal, ministre de l'intérieur, firent prier le premier consul de permettre
qu'ils élevassent un monument à la mémoire de son père. Napoléon refusa. « Ne
troublons pas, dit-il, le «repos des morts ; laissons leurs cendres en paix.
J'ai «perdu aussi mon grand-père, mon arrière-grand- (1) Voici l'acte de décès
de Charles Bonaparte : «L'an 1785 et le »4 février, est décédé messire Charles
Buonaparte, mari de dame Laetitia de Ramolini, ancien député de la noblesse des
États de Corse à la cour, âgé d'environ trente-neuf ans.
Registres de la paroisse de Saint-Denis de Montpellier. «
Signe MARTIN , curé. » «père : pourquoi ne ferait-on rien pour eux ? Cela «mène
loin. Si c'était hier que j'eusse perdu mon «père, il serait convenable et
naturel que j'accom- «
pagnasse mes regrets de quelque haute marque deu respect; mais il y a vingt ans.
Cet événement est « étranger au public : n'en parlons plus. » Depuis , Louis
Bonaparte , à l'insu de Napoléon , fit exhumer le corps de son père , et le fit
transporter à Saint-Leu, où il lui consacra un monument.
Ayant essayé en vain de faire entrer Joseph à l'école militaire sans concours, il rentre en Corse et le ramène avec lui. Dès le mois de janvier suivant, il effectue son dernier voyage, en compagnie de son aîné. En arrivant à Marseille, il va prendre des soins auprès du docteur Turnatori qui lui conseille d'aller à Montpellier, faculté de médecine réputée. Les médecins diagnostiques une tumeur au pylore, inopérable. Il meurt le 24 février 1785 en présence de son fils et de Joseph Fesch. Ainsi disparaît à trente-neuf ans cet homme aimable, ambitieux, souple, quelques fois léger, qui s'est battu pour élever correctement ses enfants. Il est enterré dans l'église des Cordeliers de la ville. Son père Charles Bonaparte, est mort le 24 février 1785 à Montpellier. Bonaparte dans les jours qui suivent l’annonce du décès, se montre encore plus acharné au travail. Il y noie sa douleur. Il impose silence à Alexandre Des Mazis, qui veut le consoler. Il dit simplement que sa réussite est plus nécessaire encore. Il doit être officier dès septembre. Elève ? Il n’est plus temps. Sous-lieutenant d’emblée, voilà l’obligation.
En effet, en cas de cancer de l'estomac, une tumeur finit par obturer le pylore et les aliments ne peuvent plus passer dans l'intestin. Le malade meurt d'inanition dans un état de maigreur squelettique. Ceci fut vrai pour Charles Bonaparte, décédé à Montpellier le 24 février 1785 et dont le procès-verbal d'autopsie signale la présence "d'une tumeur très rétinente de la longueur et du volume d'une grosse patate [sic]" qui bouchait totalement l'orifice de sortie de l'estomac.
Un hôte célèbre du 20 de la rue de Verdun : le père de Napoléon, Charles Bonaparte y résida. Il y meurt en 1764 et on l’enterre… au Rockstore à côté des moines.
Deux sources alimentent le site, le Martinet destiné à arroser le Golf et la
Valadière, source d’eau chaude, dont les vertus bienfaisantes furent exploitées
par les Romains. Quelques années avant sa mort, en 1780 Charles Bonaparte, père
de Napoléon, se fit soigner à Fontcaude. Des gens célèbres, comme la princesse
de Holstein Glucksbourg ou, plus tard, l’écrivain Prosper Mérimée ont également
pris les eaux dans la station, et les curistes de Montpellier n’hésitaient pas à
s’y faire conduire en omnibus à chevaux.
Pour des raisons financières, la station, ouverte en 1845 dut fermer ses portes
quelque dix ans plus tard. J"S Charles Bonaparte,
un des •"
ges de cette île, que le mauvais état de sa santé obligea bientôt à chercher une
température plus douce dans le midi de la France ; il mourut à Montpellier
quelques années après.
Laure Junot, duchesse d’Abrantes

une vie d’aventures
«Cette femme a vu Napoléon enfant, elle l’a vu jeune homme encore inconnu, elle
l’a vu occupé des choses ordinaires de la vie, puis elle l’a vu grandir,
s’élever et couvrir le monde de son nom ! Elle est pour moi comme un bienheureux
qui viendrait s’asseoir à mes côtés, après avoir vécu au ciel tout près de Dieu
! ». Ainsi parlait Honoré de Balzac de Laure Junot, duchesse d’Abrantès.
1784 : Naissance à Montpellier
1800 : Mariage avec le Général Junot
1830 : Début de la publication de ses Mémoires
1836 : Mort de Laure d’Abrantes dans une mansarde
Il est vrai que peu d’existences composent un roman d’amours et d’aventures
aussi mouvementé que celle de Laure Permon, duchesse d’Abrantès. La mère de
Laure avait pour amie d’enfance une certaine Laetitia Ramolino. La première
épouse Charles Permon, receveur des finances à Montpellier, l’autre se lie à
Charles Bonaparte. Les deux familles sont très proches. C’est dans les bras de
Permon que Charles Bonaparte va mourir à Montpellier, le 27 février 1785. Plus
tard, le couple débarque à Paris. Bientôt, c’est la Révolution.
La fillette assiste à des scènes qui vont rester dans sa mémoire comme la
procession des députés aux États généraux. En 1792, elle assiste,
horrifiée, à l’exécution de la princesse de Lamballe. Il faut fuir les
persécutions, la famille se réfugie à Toulouse. La Terreur passée, la mère de
Laure ramène ses enfants à Paris. Elle tient salon, à l’hôtel de la
Tranquillité. C’est là que les Corses de Paris se retrouvent, et jouent. Parmi
eux,l’un d’eux vient assez souvent : c’est l’un des fils de Charles Bonaparte.
Il est devenu célèbre ausiège de Toulon. Son nom : Napoléon Buonaparte. Laure se
souviendra toute sa vie de ces rencontres et de l’aspect que le futur empereur
avait alors : osseux, jaune, maladif, les traits anguleux et pointus encadrés
par des « oreilles de chien ». Sous le Directoire, des fêtes célèbrent les
victoires des armées françaises en Italie. Au palais du
Luxembourg, un jeune chef de brigade apporte les drapeaux conquis là-bas. Son
nom : Junot.
C’est un fidèle de Bonaparte. La grande duchesse d’empire Pour Laure, qui vient
d’avoir 16 ans, c’est le tournant de sa vie. Après bien des négociations, c’est
le mariage avec le commandant de la place de Paris, le général Junot, âgé de
vingt-neuf ans. Il est grand, blond avec de doux yeux bleus, splendide dans son
uniforme rutilant, chamarré d’or.
Les Junot font partie de l’entourage immédiat du Premier Consul. Fin 1804, c’est
l’Empire. Pour Junot, le modeste compagnon de Toulon, les honneurs se succèdent
: général de division, colonel général des hussards, premier aide de camp de
l’Empereur, grand-croix de la Légion d’Honneur, ambassadeur au Portugal,
gouverneur général de Paris et enfin, duc d’Abrantès. Mais Junot a de nombreuses
liaisons. Le drame n’est pas loin. Junot se lie avec la soeur de l’empereur,
Caroline Murat. De son côté, Laure s’entiche de Metternich, ce qui est loin
d’être du goût de Napoléon ! Le 13 janvier 1810, à l’issue d’une soirée donnée
chez Caroline, Junot fait à Laure une scène terrible, manquant même de
l’étrangler. Napoléon intervient : la duchesse doit suivre son mari en Espagne,
où il va faire campagne. Laure, enceinte,manque de se faire enlever à Salamanque
par le célèbre bandit don Julian. Bientôt, Junot part batailler en Russie. Début
de 1813, Junot reparaît, méconnaissable. C’est une ruine, un vieil homme,
hébété, voûté, abîmé de rhumatismes, s’appuyant sur une canne. Napoléon le nomme
gouverneur de Venise. C’est là qu’il devient fou ; il ira mourir
en Bourgogne, chez son père. Laure est veuve,elle a vingt-neuf ans, quatre
enfants à élever, et 1 400 000 francs de dettes. Loyalement, énergiquement, elle
les paiera, faisant feu de toutes ses ressources. Quand la duchesse avait pour
“nègre“ Balzac L’Empereur tombé, elle se venge de lui criant « Vive le Roi ! »
Elle s’installe à Versailles, rue de Montreuil, près de la barrière. C’est là
que commence sa liaison avec Balzac. Pourtant, elle n’a plus la beauté de jadis.
Une correspondance commence. Il donne à Laure des conseils, et l’encourage à
publier ses Mémoires. Une étrange collaboration s’entame : il écrit des
chapitres entiers des Mémoires. Pourtant, la situation financière de Laure
va bientôt aller en se dégradant. Les difficultés s’amoncellent. D’autant
qu’Honoré lui a préféré la duchesse de Castries, puis Madame Hanska. La misère
menace. Bien que malade, Laure écrit, de son lit, d’une plume que rien n’arrête.
Mais elle doit se battre avec l’éditeur, pour lui arracher l’argent qu’il doit.
Courageuse, face au monde, elle rit, fait de l’esprit, continue à jouer la
comédie de salon. Elle est alors celle que Théophile
Gautier appelle : la duchesse d’Abracadabrantès. Cette bonne humeur feinte est
désespérée. Une jaunisse se déclare. Elle meurt le 7 juin 1838, sur un grabat,
dans une mansarde.
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• HARMONIE N° 256 • Novembre 2008 • www.montpellier-agglo.com
ALBINE DE MONTHOLON

LE DERNIER AMOUR DE NAPOLÉON À SAINTE-HÉLÈNE
ALBINE DE MONTHOLON
Intrigante, sentimentale, séductrice, Albine de Montholon fut le dernier coup de
coeur de Napoléon, en exil à Sainte-Hélène. Aujourd’hui, son corps momifié
repose à Montpellier dans la crypte des Pénitents bleus.
AU DÉBUT DE JUILLET 1809, LE PLATEAU DE LONGWOOD EST NOYÉ DANS LA BRUME. Il
pleut sur l’hiver austral. Sainte-Hélène semble fl otter comme une île fantôme
perdue au milieu de l’Atlantique Sud. Albine de Montholon monte avec ses enfants
dans une calèche. Elle jette un dernier regard. A l’une des fenêtres de
l’appartement de l’Empereur un rideau s’est levé. Une ombre la regarde.Le canon
tonne pour annoncer le coucher du soleil.Les sentinelles se mettent en place.
Comme chaque soir, la geôle se referme sur son illustre prisonnier. Etrange
destin que celui de cette femme, exilée volontaire avec son mari et ses enfants
sur une île perdue, aux côtés d’un empereur déchu. Issue de la petite noblesse
de province,
Albine de Vassal naquit à Paris en 1779. Son père, le marquis de Vassal est
receveur général des fi nances du Languedoc-Roussillon. Durant la révolution,
Albine vit recluse
avec sa famille dans leur château de la Fertelle, près de Montpellier. Son père
est arrêté, soupçonné d’avoir favorisé la fuite du roi. Il échappe de peu à la
guillotine. A sa libération, c’est un homme brisé. Il meurt en 1795. Albine a
quinze ans. La famille fait alors la connaissance de Jean-Pierre Bignon, un
séduisant spéculateur. Albine croit reconnaître le prince charmant et l’épouse.
Elle n’a que seize ans. La famille pense trouver un remplaçant au chef de
famille, mais l’illusion ne sera que de courte durée. Albine divorce rapidement,
perdant dans l’aventure une grande partie de sa fortune.
Elle est traumatisée, mais tente de se consoler. Quatre ans à Saint-Hélène A
vingt ans, c’est une femme séduisante, blonde, aux yeux clairs et au charme
ravageur. Elle le sait
et en joue. En 1800, elle épouse en secondes noces un banquier suisse, Daniel
Roger. Celui-ci s’occupe plus de ses affaires que de sa femme. Aussi, Albine qui
a trente ans se laisse courtiser et s’adonne aux plaisirs de l’adultère. Le
couple divorcera en 1809. Cette année-là, elle rencontre Charles Tristan de
Montholon de quatre ans son cadet, un noble de l’ancien régime. C’est le coup de
foudre dès la première rencontre. En 1815, lorsqu’il rejoint Napoléon déchu,
Montholon n’a plus rien à perdre. Il est ruiné, poursuivi par la justice. Louis
XVIII promet d’étouffer l’affaire à condition que Montholon suive Napoléon
en exil, afi n de recueillir des informations sur un retour éventuel de
l’Empereur. Albine, quant à elle a une bonne raison d’haïr Napoléon : l’Empereur
a refusé son mariage avec Montholon, au prétexte qu’elle avait déjà divorcé deux
fois. Elle se sent humiliée. Mais Montholon ne tiendra pas compte de ce refus...
C’est une femme rancunière qui fera équipe avec son mari, car le couple espère
tirer des avantages matériels. Albine séjournera plus de quatre ans à
Sainte-Hélène partageant l’intimité de Napoléon. Vive, joueuse, aguicheuse, elle
ne se plaint jamais. Napoléon est séduit, elle devient sa maîtresse. Elle repose
dans la crypte des Pénitents bleus de Montpellier «L’Empereur témoigne un grand
regret à ton
départ. Ses larmes ont coulé pour toi peut-être pour la première fois de sa
vie», lui écrit son mari. Après deux mois de traversée, Albine rejoint
l’Angleterre. Elle ne peut débarquer, elle est refoulée vers la Belgique. La
petite Joséphine, sa fi lle de moins de 2 ans, décède, fatiguée par un si long
voyage. Vers la fi n du mois d’août 1821, Albine et ses enfants retrouvent
Charles à Londres au bout de deux ans de séparation. A quarante ans passés, usée
par les souffrances et les épreuves, Albine a vieilli. Ils ne se reconnaissent
plus et leurs routes divergent. Charles va collectionner les conquêtes et les
ennuis. Il est sur la pente d’une lente dérive.Des investissements hasardeux
entraînent la faillite. Pour échapper à la prison pour dette, il se réfugie en
Suisse. Albine, ruinée, se réfugie
à Montpellier où elle a gardé de nombreuses attaches familiales. Confite en
dévotion, Albine meurt en mars 1848 au cours d’un bal donné en l’honneur de ses
petits-enfants. Son corps embaumé fut déposé dans la crypte de la Chapelle des
Pénitents bleus de Montpellier dans l’attente des ordres de Charles, qui ne
viendront jamais. On dit qu’Hitler avait donné l’ordre en 1944 de faire
transférer le corps d’Albine aux Invalides près de celui de Napoléon. Ce qui ne
fut pas fait. Placé dans un cercueil au couvercle de verre, celle qui fut le
dernier amour de Napoléon est aujourd’hui une momie ratatinée. Sur une plaque
gravée, une phrase sibylline luisert d’épitaphe : « A Longwood erre encore son
sourire Ici elle repose dans la grande paix de Dieu ».
Montpellier Agglomération • •
HARMONIE N° 245 • Novembre 2007 • www.montpellier-agglo.com
Jean-Antoine Chaptal

1756-1832. Chimiste (enseigneà Montpellier) et homme politique sous Bonaparte,
qui mit au point la chaptalisation des vins.
l'École spéciale de pharmacie de Montpellier
Les débuts de l'École spéciale de pharmacie de Montpellier - Après la Révolution
française, suite à des abus patents, Napoléon va faire promulguer la loi du 11
avril 1803 (21 germinal an XI) qui va créer une École spéciale de pharmacie à
Montpellier en même temps qu'à Paris et à Strasbourg. L'établissement sera
l'ancien collège royal de médecine, et les premiers professeurs les maîtres
apothicaires de la ville. Des savants comme A.J. Balard et J.E. Planchon vont
illustrer cette école par la suite. Malgré des débuts difficiles, un hommage est
rendu aujourd'hui à ces gestionnaires et à ses premiers professeurs de pharmacie
sur lesquels Napoléon et son ministre Chaptal avaient fondés tant d'espoir.
L'École de pharmacie est crée en 1803. Montpellier, qui possédait déjà de longue
date une faculté de médecine mais également une Société royale des sciences
réputée, créée en 1706, voit s’ouvrir en 1810 une faculté des sciences dotée au
départ de sept chaires : mathématiques transcendantes, astronomie, physique,
chimie, zoologie, botanique, minéralogie.
Joseph Cambon

1756-1820. Né à Montpellier, Membre de la Convention sous la Révolution
française.
Paul-Joseph Barthez

Illustre médecin montpelliérain du XVIIIe siècle. Paul-Joseph Barthez élabora
une doctrine médicale, le vitalisme, qui fera autorité pendant un siècle. À
l’occasion du bicentenaire de sa disparition, portrait de cet esprit autant
admiré que décrié.
Barthez, un monstre sacré de la médecine montpelliéraine
La théorie du vitalisme assure à Paul-Joseph Barthez une notoriété considérable.
Cette doctrine médicale sera prédominante à la faculté de Montpellier durant
tout le XIXe siècle.
«Quand je médite seul sur la science en général et sur celle que je cultive en
particulier, je me sens confondu, humilié et je me prosterne (...).Mais quand je
suis à la faculté ou dans d’autres réunions, alors je me compare aux autres et
je ne tarde pas à me consoler et à me redresser ». Cette réponse de Paul-Joseph
Barthez à un interlocuteur qui lui reprochait sa superbe, dénote bien
l’incommensurable orgueil du chancelier de l’université de médecine de
Montpellier. Il n’en demeure pas moins qu’il fut l’un des grands esprits de son
temps. Un philosophe au caractère difficile Né à Montpellier le 11 décembre
1734, Paul-Joseph Barthez est le fils d’un ingénieur de la province du
Languedoc, savant et écrivain.
Orienté tout d’abord vers la prêtrise, il change d’avis et s’inscrit à
l’université de médecine de Montpellier où il obtient son doctorat en 1753.
L’année suivante, il gagne Paris et s’engage comme médecin ordinaire des armées,
afin d’observer une épidémie qui décime les régiments du Cotentin.Ayant
contracté le typhus, il abandonne la carrière militaire et rejoint la capitale
pour quelques mois.Barthez fréquente les cercles littéraires et se lie d’amitié
avec le philosophe Jean d’Alembert. Ce dernier lui demande de participer à
l’aventure de L’Encyclopédie. Le jeune Montpelliérain est l’auteur de plusieurs
articles,notamment “Evanouissement” et “Femme”. Elu en 1758, membre de la
Société royale des Sciences de Montpellier, Barthez en démissionne quelques
années
après,à la suite d’une querelle avec le président.De retour à Montpellier, il
obtient une chaire à l’université en 1761. Il ne s’y fait pas que des amis. Si
ses cours sont très suivis, l’homme est autant détesté que respecté. Il possède
un caractère entier, revendicateur, rancunier et procédurier.Il est reconnu pour
être un homme d’esprit,parlant très bien,ayant une mémoire prodigieuse et des
connaissances infinies, cependant, ses détracteurs le jugent cynique et sans
moeurs. Un de ses élèves constate, navré, son « caractère difficile qui faisait
le supplice de tous ceux qui le servaient et le rendait
impossible à lui même ». Ses démêlés avec le Chancelier de l’université François
Imbert
ont défrayé la chronique universitaire et son peu d’estime pour ses collègues
lui vaut de
solides inimitiés.A un ami qui lui dit que le doyen Lamure ne croit pas à la
édecine, Barthez rétorque :« S’il parle de la sienne, il a raison ! ».Il obtient
néanmoins en 1785,
le titre de chancelier bien que depuis quelques années, il ait quitté
Montpellier pour devenir médecin du duc d’Orléans. Une doctrine médicale qui fit
autorité Car, depuis 1778, date de la parution de son ouvrage Nouveaux éléments
de la science de l’homme, Paul-Joseph Barthez est devenu célèbre. Traduit dans
presque toutes les langues d’Europe, ce livre familiarise le public cultivé avec
une théorie qui allait devenir célèbre, le vitalisme. A l’époque, le monde
médical était partagé entre deux concepts qui distinguent d’un
côté, ceux qui voient le corps humain comme un simple automate et de l’autre,
ceux pour qui tous les phénomènes vivants s’expliquent par l’âme. Barthez, lui,
va développer un moyen terme.Médecin de Louis XVI et de Napoléon Ier. A la suite
d’un autre Montpelliérain,
Théophile de Bordeu, il fait des manifestations liées à la vie un phénomène
indépendant de la physique et de la chimie.D’une manière originale, il conçoit
un principe vital qui régit l’organisme et est responsable de l’ensemble des
fonctions propres à la vie.
L’organisme est un tout, qui se pilote lui-même,qui s’autorégule. Cette théorie
lui assure une notoriété et fonde une doctrine médicale qui sera prédominante à
la faculté de Montpellier durant tout le XIXe siècle. Nommé médecin de Louis
XVI, sa clientèle est devenue considérable, sa renommée n’en finit pas de s’amplifier,on
vient le consulter de toute l’Europe. Familier de la cour, Barthez quitte Paris
dès 1789.Il se réfugie à Narbonne, où il passe la plus grande partie de la
Révolution. Il médite, écrit, tente de se faire oublier. Pour se dédouaner de
son passé, il n’hésite pas à servir la jeune République et porte assistance à
l’armée des Pyrénées, ravagée par la fièvre typhoïde. Bonaparte le rappelle à
Paris, le comble d’honneurs et en fera son médecin personnel en 1804. Rétabli
professeur honoraire de l’Ecole de Santé en 1800,Barthez ne réapparaît que
rarement à Montpellier où il prononce cependant un mémorable discours sur le
génie d’Hippocrate. L’orgueilleux philosophe n’est plus qu’un vieil homme
handicapé par une surdité invalidante. Célibataire, sans enfant, il meurt à
Paris le 15 octobre 1806.
Une théorie constestée Sa théorie assura une réputation mondiale à Montpellier.
Mais elle fut battue en brèche au cours du XIXe siècle. « Le vitalisme est
contraire à l’esprit scientifique, déclare le célèbre physiologiste Claude
Bernard. C’est une erreur irrémédiable qui consiste à donner une existence
réelle à quelque chose d’immatériel qui n’est en réalité qu’une notion de
l’esprit ». Pour célébrer le bicentenaire de la mort de Barthez, la Société
montpelliéraine d’histoire de la médecine organise le 8 décembre deux
conférences sur la vie et l’oeuvre de ce personnage.Elles seront données par
Philippe Barthez et Thierry Lavabre-Bertrand à partir de 17h30 à la faculté de
médecine. Entrée libre. Sources : Hubert Bonnet, La faculté de médecine de
Montpellier, Sauramps (1992) ; Thierry Lavabre-Bertrand, Barthez et le
vitalisme. In: La médecine à Montpellier, du 12e au 20e siècle, Editions Hervas
(1990) ; Albert Leenhardt, ontpelliérains médecins des rois, Mazel (1941).
Montpellier notre ville / décembre 2006 / numéro 308
Lepic, Louis, comte


Né le 20 Septembre 1765 (Montpellier) -
Mort le Janvier 1827 (Andrésy)
Engagé à seize ans dans les dragons, Lepic profite de la Révolution et de la
guerre pour faire une très rapide ascension : il est chef d’escadrons dès mars
1793 et se bat contre les vendéens, est blessé à Montaigu. Passé à i’armée d’ltalie
en 1796, il se distingue à plusieurs reprises par son courage, est plusieurs
fois blessé. En garnison en Italie jusqu’en 1805, il est nommé colonel maJor des
grenadiers à cheval de la garde impériale après Austerlitz, fait les campaghes
de Prusse et de Pologne, est grièvement blessé à Eylau, ce qui lui vaut d’être
promu général de brigade. En Espagne en 1808, rappelé pour combattre en
Allemagne, fait baron de l’Empire en mai 1809, il charge à Wagram, avant de
repartir en 1810-181 1 en Espagne et au Portugal. En 1812, il se distingue à
nouveau durant la campagne de Russie lors d’un combat contre les cosaques de
Platov (7 novembre). Général de division en févner 1813, il livre ses derniers
combats en Saxe en 1813. Louis XVIII le fait comte en janvier 1815. Le nom de
Lepic est gravé sur l’arc de triomphe de l’Étoile.
Extrait - Les soldat de la grande armée - perrin - 1998 - J.C Damamme
Et Lepic quelle sacre figure ! Le vélite Billon le voit à Eylau, superbe et
colossal, exubérant de valeur, de force et d’audace. Lepic, c’est l’homme de la
charge éblouissante des grenadiers à cheval, pendant la bataille d’Eylau.
Evoquons-la, cette charge fameuse et tentons d’imaginer la scène qui se joue...
Sous la neige qui tombe avec abondance, hommes et chevaux sont immobiles. Les
chevaux sont noirs. Leurs cavaliers, qui portent le bonnet d’ourson avec
jugulaire de cuivre, sont revêtus d’un long manteau blanc. Dans leurs mains, ce
sabre si élégant qui n’appartient qu’à eux. Le jour d’Eylau, le régiment est
placé sous les ordres de son colonel major, Lepic. les bouIets russes qui se
fraient sans difficulté un chemin au milieu des flocons, enlèvent hommes et
bêtes. Malgré un courage, dont c’est un lieu commun de dire qu’il est
légendaire, quelques cavaliers se courbent sur l’encolure de leur cheval.
Soudain, une voix s’élève, dominant le fracas. C’est Lepic qui hurle : " Haut
les têtes, la mitraille n’est pas de la merde ! " La charge suit de peu ces
vigoureuses paroles. Les grenadiers à cheval bousculent l’infanterie russe,
mais, perdus dans la tourmente de neige, se retrouvent cernés. Un officier russe
se détache et, courtoisement, prie Lepic de se rendre. L’autre le regarde, piqué
au vif : " Regardez-moi ces figures-là [certaines versions mentionnent le
substantif plus incisif de "gueules"] si elles veulent se rendre ", et sabre
pointé, suivi de ce qui lui reste de cavaliers, Lepic se taille un sentier rouge
jusqu’à l’Empereur. Celui-ci le salue du nouveau grade qu’il vient de lui
conférer :
- " Je vous croyais pris, général, et j’en avais une peine très vive.
- Sire, répond Lepic, vous n’apprendrez jamais que ma mort !"
Cette fois, il n’en était pas passé très loin : quand il salua Napoléon, Lepic
était presque dépouillé de ses vêtements ; il n’avait plus qu’une botte et le
sang ruisselait par de multiples blessures. Le soir, le nouveau général reçut
cinquante mille francs de l’Empereur que impérialement, il distribua à ses
grenadiers survivants. Faut-il nous étonner que Billon, à qui nous devons la
relation de la scène, se soit exclamé : " Il faisait un superbe sujet de
tableau. "
Sources : Histoire et Dictionnaire du consulat et de l’empire A Fierro A palluel guillard J Tulard ed Bouquins 1995
Le sémaphore garde un oeil sur les usagers
de la mer
Comment évoquer l'existence d'un sémaphore sans parler de la différence
fondamentale qui existe entre un sémaphore et un phare? Il y a souvent
confusion. Au Grau-du-Roi, si les deux bâtiments situés à l'Espiguette ne sont
séparés que par quelques centaines de mètres, leur définition respective permet
de mieux appréhender leur mission: pour le phare «tour élevée avec un foyer
puissant destiné à guider les navires la nuit », pour le sémaphore« poste de
surveillance visant l'assistance à la navigation et à la régulation du trafic
maritime et de la pêche ».
Les phares dépendent de l'administration des Phares et Balises tandis que les
sémaphores relèvent de la Marine Nationale. Les sémaphores, en tant que
signalisation maritime, ont été créés en 1806 sous Napoléon 1er. Véritable poste
de guet sur la côte, ils étaient chargés de surveiller les approches maritimes
(des Anglais) et ainsi prévenir toute activité ennemie.
Sur notre côte, un premier sémaphore a été construit en 1809 (rive droite,
actuellement rue du sémaphore),désactivé en 1861. Le sémaphore de l'Espiguette a
été construit dans les années 1870, reconstruit en 1883. Il était doté d'un
système de transmission dérivant du télégraphe Chappe. Il comprenait un mât
orientable dépassant de 10 mètres le corps du bâtiment, muni de trois ailes de 4
mètres articulées et un disque susceptible de transmettre 347 signaux. Désactivé
une première fois en 1911, il fut remis en service durant la guerre de 14/18.
Désarmé à nouveau en 1920 et détruit en 1989, les dunes l'ayant pratiquement
englouti, il fut remplacé par un bâtiment plus moderne.
Ne pas confondre le sémaphore de l'Espiguette (ci-dessus) avec le phare (à droite plus haut).
Aujourd'hui, le sémaphore de l'Espiguette, situé entre ceux de Sète et de La
Couronne, est classé en 1ère catégorie, en veille permanente 24h/24. Le
personnel, composé d'une demie douzaine de militaires désignés sous le terme de
guetteurs, travaille par quart comme sur un navire. Dans la tour de veille,
différents matériels sont à disposition allant de jumelles à intensification de
lumière à un radar ou encore à de divers moyens VHF permettant de veiller et de
communiquer.
A l'entrée du bâtiment militaire, on peut lire une phrase qui résume
parfaitement la mission du personnel : « Usagers de la mer, militaires et
civils, pêcheurs ou plaisanciers, les guetteurs gardent un œil sur vous ». Pour
ceux qui voudraient en savoir davantage, le sémaphore est exceptionnellement
ouvert au public lors de la journée du patrimoine en septembre.
l'épave de "l'INCONSTANT " de d'hautpoul »
Jeu 26 Mai 2005 : 00:26
En 1815,le brick l'INCONSTANT (30 m environ) est le navire Amiral de la petite
flotte de l'île d'Elbe ramenant l'Empereur décidé de reconquérir son trône
,flotte composée aussi de tartanes ,de felouques et d'un chebbeck.
A l'issue de 54 heures de traversée jusqu'à Golfe-juan ,l'Inconstant rallie
Toulon et reprend place dans la marine impériale ...pour 100 jours .
Redevenu "Vaisseau du Roi"il prend part à la campagne d'Espagne de 1822-1823 ,il
est désarmé et rayé des listes des bâtiments en activité .
Dans les années 1960,une épave est signalée par des plongeurs ,à l'embouchure de
l'Hérault.Des objets ,armes ,un gouvernail doublé de plaques de cuivres
permettent de situer la construction du navire vers 1785-1790.Chose curieuse ,la
cale est remplie de canons de fonte de fer d'origine anglaise .Trés vite ,on
pense à un caboteur chargé de ferrailles de récupération destinées à une
fonderie du bassin méditerranéen.
L'épave de l'Inconstant venait d'être localisée !
Le navire ,aprés avoir servi de ponton,dans une darse de Toulon pendant de
nombreuses années ,avait été réarmé en "gabare "transport de l'état .
(..) Vers la fin du régne de Louis Philippe ,chargé de transporter une cargaison
de vieux canons anglais ,vestiges du siège de Toulon à la fonderie de Séte ,il
se serait perdu à l'embouchure de l'hérault,où son épave serait restée longtemps
visible(..) .A l'appui de cette thése,on pouvait lire dans un extrait"des
voyages d'Asselin"1849-1850 --"je pense à ce pauvre Inconstant,dont je voyais
l'an dernier les débris battus par les flots devant Agde "--(d'aprés un article
de la Gazette des armes de 1975)
Alors si vos vacances vous dirigent vers cette région ,pensez aussi en vous
baignant du côté des plages de Frontignan (face au camping des "Tamaris")qu'il y
a deux autres épaves coulées en 1809 :Le Robuste et le Lion (combats des
Aresquiers )
Un ami belge ,habitué des lieux a trouvé par 1m50 de profondeur un sabre modéle
1767,il est à présent au musée de Frontignan
Napoléon aurait-il été influencé par une comète ?

Jean-Michel Faidit est le fondateur de la revue “Planétariums”. (Photo BRUNO
CAMPELS)
Serait-il du genre à tirer des plans sur la comète ? Allez savoir, avec cet
homme de connaissance mais aussi d’imaginaire. Toujours est-il que Jean-Michel
Faidit, aujourd’hui installé dans le Gard mais bien connu des Montpelliérains,
vient de publier un ouvrage à la fois plein d’érudition et de réflexion sur le
monde : La comète impériale de 1811.
Son propos majeur ? Il y a tout juste deux siècles était découverte par un
certain Flaugergues - observateur lui-même atypique - une comète qui, très
exceptionnellement, pouvait être visible dans la durée.
En l’occurrence, neuf mois durant.
Or, l’Aiglon, le fils de Napoléon Ier, est né cinq jours à peine avant la
découverte de la comète en question, en mars 1811. Signal céleste ? L’auteur,
faisant notamment référence à la fascination de l’Empereur pour l’Égypte
antique, évoque l’idée de "l’annonce d’une invincibilité dans la conquête de
l’Europe". Jusqu’à justifier "la prise de risque insensée d’attaquer la Russie
en 1812, au solstice d’été suivant".
Au-delà de ses considérations napoléoniennes, Jean-Michel Faidit établit un lien
entre les comètes et l’histoire et... l’histoire des comètes. Jusqu’à se
promener dans les univers devenus universels de Tolstoï ou encore de Jules
Verne.
Autre chose : l’auteur n’hésite pas, sur les traces d’Emmanuel Le Roy Ladurie,
cet autre Languedocien de renom spécialiste de l’histoire du climat, à évoquer
l’influence de la comète en question sur certaines récoltes de vins
inoubliables. À méditer.
Midi libre