Les
musées
Un parc Napoléon à la conquête du pays de Mickey (MAGAZINE)
Par Anne-Sophie MOREL , ,Culture-histoire-loisirs PREV
MELUN, 15 fév 2012 (AFP) - Après Disneyland Paris, la Seine-et-Marne, pourrait
accueillir d'ici 2017 un parc de loisirs entièrement dédié à Napoléon, projet
estimé à 250 millions d'euros quisera présenté samedi et se veut créateur de
3.000 emplois.
"Depuis 15 ans, la ville célèbre la bataille de Montereau,dernière victoire de
Napoléon face aux Autrichiens", remportée le 18février 1814, au retour de la
désastreuse retraite de Russie, expliqueYves Jégo, député-maire PR de
Montereau-Fault-Yonne, à l'initiative de cette idée.
Ce rendez-vous "rassemble entre 15.000 et 20.000 personnes dansles rues", dont
beaucoup en costumes d'époque, relève Yves Jégo. "Nous avons l'histoire avec
nous", insiste l'élu d'une ville qui accueille déjà une statue équestre de
l'Empereur.
Selon lui, Napoléon est une "marque-monde", un personnage"marquant pour
l'humanité", connu d'Angleterre en Russie, qui peut faire venir "entre 1,5
et 2 millions de visiteurs par an",insiste-t-il.
Napoléon est "un produit qui marche bien", renchérit CharlesNapoléon Bonaparte,
descendant de Jérôme Bonaparte, frère cadet de l'empereur Napoléon Ier, qui juge
l'idée "très bonne, dans un monde où le loisir est porteur".
"Il y a moyen de décliner cette histoire de manière ludique, avec une nouvelle
approche, une dynamique de spectacle et un regard moins érudit", affirme-t-il.
"Compliqué"
===========
"On peut penser à des promenades imaginaires entre l'Egypte, laRussie, des
reconstitutions de batailles mais à une seule condition:être moderne, avec des
mises en scène ludiques et numériques", détailleYves Jégo, pour qui l'idéal
"serait de poser la première pierre pour le bicentenaire de la bataille de
Montereau, en 2014".
Le coût du parc, qui s'étendrait sur 100 hectares, est estimé à250 millions
d'euros, avec un partenariat public-privé. Un budget"identique à celui du
Futuroscope à Poitiers" selon M.Jégo.
L'ancien préfet de l'Essonne Jean-Louis Du feigneux a élaboré une note
d'opportunité pour démontrer la faisabilité du projet présenté samedi à
Montereau, date du 198ème anniversaire de cette même bataille.
Mais Laurent Albert, directeur général du parc du Puy-du-Fou(Vendée), modèle du
parc historique qui a réussi, rappelle que, si le thème Napoléon "paraît très
bon", il est "compliqué aujourd'hui de monter un parc".
Il faut "un bon financement, des équipes motivées et dynamiques"."Maintenir un
parc sur plusieurs années, c'est très difficile, il faut être très rigoureux",
explique M.Albert, ajoutant que le parc dePhilippe de Villiers "s'est monté
petit à petit, en comptant le moindre euro".
Yves Jégo relève que "l'Ile-de-France est la première région touristique du
monde, avec une économie très attractive liée à ce secteur" et affirme que son
"projet peut créer 3.000 emplois directs et indirects".
Cela "peut prêter à sourire" mais un parc historique dédié à l'empereur serait
"un véritable levier de développement économique pour la région et pour le sud
du département, comme Disneyland l'a été pour le nord de la Seine-et-Marne",
assure M.Jégo, également romancier et co-auteur de romans de cape et d'épée.
asm/ng/jmg
AFP 151137 FEV 12
Liste des principaux musées consacrés à Napoléon 1er et le premier empire.
Pour rechercher un musée :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/museo_fr?ACTION=RETOUR&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P
Site des musées nationaux
Napoléoniens.
www.musees-nationaux-napoleoniens.org/
http://www.musees-nationaux-napoleoniens.org/documents/collections.pdf
Musée de L'Armée
Hôtel National des Invalides
129, rue de Grenelle
75700 Paris
01 44 42 38 77
www.invalides.org
Musée national du Château
Château de Fontainebleau
77300 Fontainebleau
01 60 71 50 70
www.musee-chateau-fontainebleau.fr
Musée national de la Maison Bonaparte
rue Saint-Charles
20000 Ajaccio
04 95 21 43 89
www.musee-maisonbonaparte.fr
Château-Musée de l'Empéri Art et
Histoire Militaires
Château de l'Empéri
13300 Salon-de-Provence
04 90 56 22 36
www.emperi.com/musee/index.htm
Musée national Napoléonien de L'Ile
d'Aix
rue Napoléon
17123 Ile d'Aix
05 46 84 66 40
www.musees-napoleonien-africain.fr
Musée national du Château de
Compiègne
Château de Compiègne
Palais National
BP 549
60200 Compiègne
03 44 38 47 02
www.musee-chateau-compiegne.fr
Domaine National de Versailles :
Le château
Château de Versailles
78000 Versailles
01 30 83 78 00
www.chateauversailles.fr
Musée national du château de
Malmaison et Boi-Préau
avenue du chateau de Malmaison
92500 Rueil-Malmaison
01 41 29 05 55
www.chateau-malmaison.fr
Musée de l'Infanterie
Ecole d'Application de l'Infanterie
Quartier Guillaut
Avenue Lepic
34000 - Montpellier Cedex 1
04 67 07 21 10
http://museeinf.club.fr/index.htm
Musée de la Légion d'Honneur et
des Ordres de la Chevalerie
Hôtel de Salm
2, rue de Bellechasse
75007 Paris
01 40 62 84 25
Musée des monnaies et médailles
La Monnaie de Paris
11, quai de Conti
75006 Paris
01 40 46 55 33
www.monnaiedeparis.fr
Musée de l'histoire vivante
Parc Montreau
31, boulevard Théophile Sueur
93100 Montreuil
01 48 70 61 62
www.museehistoirevivante.com
Musée Napoléon 1er et Trésors
des Eglises
34, rue de l'Ecole Militaire
10500 Brienne-le-Château
03 25 92 82 41
www.ville.brienne-le-chateau.fr
Musée Bertrand
2 rue Descente-des-Cordeliers
36000 Châteauroux
02 54 61 12 30
www.ville-chateauroux.fr
Musée militaire - souvenirs du
Périgord
32, rue des Farges
24000 Périgueux
05 53 53 47 36
Musée national du château de Pau
2 rue du Château
64000 Pau
05 59 82 38 00
www.musee-chateau-pau.fr
Maison natale et Musée Murat
(Labastide-Murat, Lot)
Place Tolentino
46240 Labastide-Murat
05 65 21 11 39
http://perso.wanadoo.fr/labastide-murat/lemusee-murat.htm
Musée Carnavalet
23, rue de Sévigné
75003 Paris
01 44 59 58 58
www.paris.fr/musees/musee_carnavalet/
Musée de l'Histoire de
Rueil-Malmaison
Ancienne Mairie
6, rue Paul Vaillant Couturier
92500 Rueil-Malmaison
01.47.32.66.50
Musée de la Figurine Historique - Compiègne
28, place de l'Hôtel de Ville
60200 Compiègne
03.44.40.72.55
Musée du Louvre
Musée du Louvre
75058 Paris
01.40.20.50.50
http://www.louvre.fr
Musée naval et napoléonien -
Antibes
Batterie du Graillon
boulevard J.F.Kennedy
06160 Antibes-Juan les Pins
04. 93.61.45.32
Sainte-Hélène
Domaine français de Sainte-Hélène
Longwood House
Ile de sainte-Hélène
Téléphone : (290) 4409
Arc de Triomphe de l'Etoile
Place Charles de Gaulle
75008 Paris, France
01 55 37 73 77
http://www.monuments-france.fr
Colonne Vendôme
Place Vendôme
75001 Paris
Domaine national de Saint-Cloud - Parc et musée historique
Domaine de Saint-Cloud
92210 Saint-Cloud
01 41 12 02 90
http://saintcloud.histoire.free.fr/histoir002.html
Ecole militaire - Champ-de-Mars
1, place Joffre
75007 Paris

La route Napoléon suit le trajet qu’emprunta Napoléon Ier à son retour de l’Île
d'Elbe, au début des Cent-Jours. Elle est située entre Grenoble et Golfe-Juan.
Cette route porte aussi le nom de route nationale 85, ou RN 85. C'est une route
nationale française reliant Bourgoin-Jallieu à Golfe-Juan. Après avoir débarqué
le 1er mars 1815 à Golfe Juan, avec une petite armée de 1 200 hommes, Napoléon
prit la direction de Grasse pour rejoindre les Alpes par la vallée de la
Durance. Lorsque Napoléon emprunta cette route, elle était dans un état très
inégal selon les secteurs. Entre Grasse et Digne, elle n’était pas encore
construite, et l’Empereur est passé par des sentiers muletiers.Au XXe siècle,
devant le succès de cette route historique, on améliora son tracé, l’écartant
parfois du chemin de terre initial suivi par l’Empereur. Elle fut goudronnée en
1927 et reçut le nom de Route Napoléon en juillet 1932.
Le traité de Fontainebleau n'est pas respecté, la rente n'est pas payée et
Napoléon apprend que, au Congrès de Vienne, il est fortement question de
l'exiler aux Açores ou sur l'Île Sainte-Hélène. D'autre part, son favori
Cipriani, envoyé en Autriche fin 1814, lui apprend la trahison et l'infidélité
de son épouse Marie-Louise. Il comprend aussitôt qu'il ne reverra plus sa femme
et surtout son fils, l'Aiglon, retenu à Vienne, qui bientôt deviendra Franz,
prince autrichien. Pour Napoléon, le départ est inéluctable et il va tenter le
tout pour le tout.
Descriptif de l'itinéraire de Napoléon lors du retour de l'île d'Elbe (plan
affiché au bord de la RN85 à l'entrée sud de Gap)
Le 1er mars, le débarquement, prévu à Saint-Raphaël, se fera à Vallauris.
Napoléon, qui a habité le Château Salé à Antibes en 1794, connaît très bien la
région. C'est en plein jour, au vu et au su de tous, que l'opération se déroule,
devant les douaniers surpris. Un premier bivouac est installé sur le rivage de
ce qui est désormais Golfe-Juan. « L'invasion du pays par un seul homme »
commence…
Napoléon a prévenu le général Cambronne qui commande l'avant-garde de ne tirer
aucun coup de fusil. La surprise et la rapidité sont les moyens essentiels de la
réussite de cette opération. À la nuit, Napoléon rejoint Cannes par les dunes et
couche à proximité de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours. Cambronne, toujours
en avant de quelques heures, est parti pour Grasse, le chef-lieu important de
plus de 10 000 habitants.
Il contourne par le Jeu-de-Ballon et fait une pause sur le terre-plein de La
Foux à Grimaud pour faire des provisions. Il n'y a pas de voie carrossable pour
gravir la montagne puisque la route n'a pas été terminée. Ordonnée durant
l'Empire, la route de Sisteron à Grasse a été commencée à l'autre bout et le
trajet Grasse-Digne se parcourt par les sentiers muletiers qui ont pris la place
de la route du sel du Moyen Âge qui elle-même a remplacé la voie romaine.
Le 2 mars, 64 km sont effectués jusqu'à Séranon où la troupe bivouaque dans la
neige à plus de 1 000 mètres. Le 3 mars, dès l'aube elle se met en marche pour
atteindre Castellane où elle peut se fournir de nombreux chevaux et mulets.
Napoléon est accueilli à la sous-préfecture. C’est l'unique fois car le
sous-préfet Francoul a été destitué par Louis XVIII et attend son remplaçant.
Après le repas le groupe prend une mauvaise route enneigée par le col des Lèques
et longe la rivière l’Asse pour arriver à Barrême où Cambronne a préparé un
logement chez le juge Tartanson, après avoir marché 44 km pratiquement en file
indienne. Le 4 mars, par le col de Corobin, la troupe descend sur
Digne-les-Bains où elle retrouve la route qui court le long de la Bléone.
L’Empereur est descendu à l'auberge du Petit-Paris, tandis que Cambronne file
sur Malijai réquisitionner le château des Noguier et que le général Drouot, qui
commande l'arrière-garde, fait imprimer des déclarations.
En tête, marche le colonel Mallet avec les trois compagnies de chasseurs à pied
de la Vieille Garde, les marins et les lanciers polonais montés au fur et mesure
des achats de chevaux. Ensuite vient le capitaine Loubers avec trois compagnies
de grenadiers, les canonniers et une trentaine d'officiers sans troupe. C'est
dans ce groupe que se trouvent l’Empereur, l’état-major et le trésor. Les
fusiliers du bataillon corse du commandant Guasco ferment la marche. Le général
Drouot, avec un peloton, demeure en arrière-garde. Il reste à Digne quelque
temps pour attendre que l'imprimeur ait fini son travail.
Pendant que l'armée bivouaque dans les jardins du château de Malijai, à
l'endroit où la Bléone se mêle à la Durance, Cambronne est parti en avant sur
Sisteron où il serait facile de faire sauter le pont de la Baume, le seul
existant à l’époque pour traverser la Durance, et ainsi d'arrêter la troupe
impériale. Cambronne a bien manœuvré et envoie un lancier polonais en estafette,
prévenir que la voie est libre.
Au petit matin du 5 mars, Napoléon rassuré se met en route par L'Escale et
Volonne sur la rive droite de la Durance et pénètre à Sisteron par la porte du
Dauphiné. Contraint, le maire de Gombert fait bonne figure et l'Empereur déjeune
à l'auberge du Bras d'Or tenue par le grand-père du poète Paul Arène.
La troupe ne traîne pas car elle doit être à Gap au soir, au terme d'une étape
de 69 km. Par La Saulce puis Tallard elle est aux lanternes Porte Colombe et
débouche sur la place Jean-Marcellin, où un piquet de la garde nationale
présente les armes pendant que le tambour bat « Aux champs ». L'accueil est
enthousiaste et Napoléon fera un don pour ouvrir des refuges en montagne, les
toujours célèbres « refuges Napoléon».
Le monument commémorant la halte de Napoléon aux Barraques (aujourd'hui La
Fare-en-Champsaur), au pied de Saint-Bonnet.
La « prairie de la rencontre », à Laffrey (état actuel)
Le 6 mars, la troupe quitte Gap par le petit pont de Burle et monte le col
Bayard pour descendre vers le Drac et Saint-Bonnet où la population acclame
l'Empereur et veut se joindre à lui. En longeant la rivière elle monte par
Chauffayer vers Corps où Cambronne a préparé le logement. Le 7 mars, jour le
plus long. « Aventurier à Corps, prince à Grenoble… ». Très tôt, l'armée se met
en route pour Grenoble. Cambronne, marche avec quelques heures d'avance avec une
compagnie de grenadiers et quelques estafettes polonais. Il a ouvert la route en
empêchant des soldats royalistes venus de Grenoble avec pour mission de faire
sauter le Pont-Haut, à l'entrée de La Mure. Le général Marchand qui commande à
Grenoble est fermement décidé à arrêter l’usurpateur et à l'enfermer au fort
Barraux. Il a envoyé le bataillon du commandant Lessard qui a pris position à
Laffrey, défilé étroit entre la colline et le lac. C'est là que se déroule à la
« Prairie de la Rencontre », ainsi nommée par Stendhal, la fameuse scène
immortalisée par le peintre allemand Steuben : Napoléon ouvrant sa redingote
s'avance devant les soldats royalistes et leur crie : « Soldats du 5e !
Reconnaissez votre Empereur ! S'il en est qui veut me tuer, me voilà ! ». Les
soldats du 5e d’infanterie de ligne se rallient.
La rampe de Laffrey descend sur Vizille. Napoléon passe devant le château de
Lesdiguières, là où en 1788 eut lieu la réunion des États du Dauphiné. Il monte
vers Eybens et sur le plateau de Brié-et-Angonnes, l'Empereur rencontre le
régiment de La Bédoyère venu à sa rencontre. À Grenoble, une longue ligne droite
mène à la porte de Bonne que le général Marchand tient close. Il faut des heures
pour que la population parvienne à l'enfoncer et c'est à la nuit que Napoléon
entre place Grenette et va prendre son logement, non à la Préfecture, mais à
l’hôtel des Trois Dauphins, rue Montorge, là où il était descendu, jeune
lieutenant artilleur en garnison à Valence, en 1791.
Deux jours passés dans la ville de Grenoble ont permis à l’Empereur de recevoir
les autorités, d’édicter les premiers décrets et d’envoyer, par Turin, un
courrier à Marie-Louise, lui donnant rendez-vous à Paris.
Le 9 mars, dans l’après-midi, la colonne quitte Grenoble par la porte de France.
Elle s’est grossie de quelques compagnies organisées par le général Auguste
Debelle. Après un arrêt à Voreppe, nouvelle halte à Moirans, Napoléon s'arrête
souper à Rives à 8 heures du soir, à l’hôtel de la Poste. La troupe se remet en
route pour arriver à Bourgoin-Jallieu à 3 heures du matin. Malgré l'heure
tardive, la ville est illuminée, et l'Empereur est ovationné par une foule
impatiente. La Garde nationale lui présente les armes et l'Empereur descend à
l'hôtel du Parc, rue Impériale, tenu par Antoine Guillard. C'est là qu'il
séjourna avec l'impératrice Joséphine, le 16 avril 1805, en route vers l'Italie.
Napoléon a quitté Bourgoin-Jallieu à 3 heures de l'après-midi et passant par La
Verpillière, il fait étape avec son état-major, à l’hôtel de l'Aigle à La
Guillotière, à l’époque, bourg indépendant de Lyon.
Le 10 mars, entrée triomphale dans Lyon que le comte d'Artois, frère de Louis
XVIII, aidé du maréchal Macdonald, aurait voulu défendre en barricadant le pont
de La Guillotière. Le 11 mars à Lyon, descendu au palais de l’archevêché,
Napoléon passe en revue des troupes Place Bellecour. Napoléon dira à
Sainte-Hélène tout le plaisir retrouvé : « J'étais redevenu une grande puissance
». Il envoie un nouveau courrier à Marie-Louise. Le 12 mars, et ne promulgue pas
moins de 11 décrets.
Le 13 mars, départ de Lyon à 13h par Villefranche où il est reçu à 15h par 60
000 personnes assemblées. Il arrive à Mâcon le soir. Il peut s'y déclarer
mécontent du peu de résistance qu'offrit en 1814 la ville de Mâcon face aux
Autrichiens. Le préfet Germain s'est enfui la veille, après avoir publié un
libelle injurieux. La Garde l'a rejoint par coche sur la Saône. C'est ce jour
fatal qu'est annoncé le message de « l’assassinat virtuel » par les souverains
réunis au congrès de Vienne d'un texte vengeur inspiré par Talleyrand. Quand
Napoléon en prendra connaissance quelques jours plus tard, il en sera abattu.
Le 14 mars, Napoléon demande le maire, un négociant en vins nommé Bonne, qui
s'est enfui avec le préfet. Un adjoint Brunet rentre maladroit. Napoléon s'amuse
à l'embarrasser : « - Dites moi vous avez bien reçu la duchesse d'Angoulême l'an
dernier ? - Sire…les circonstances… - Mais vous avez bien fait ! N'est-elle pas
ma cousine ? » Départ de Mâcon en fin de matinée, puis Tournus, qui obtiendra la
Légion d'honneur pour ses combats de 1814. La foule est dense et le peuple crie
« le Père la Violette ! ». La troupe arrive enfin à Chalon-sur-Saône vers 22h.
Se présente une députation de Dijon qui a expulsé son maire et son préfet.
Le 15 mars, départ de Chalon. Napoléon a nommé de nouveaux préfets et
sous-préfets à la place des absents. Il nomme à la tête de la 18e division
militaire le général Devaux, et remet la Légion d'honneur au maire de
Saint-Jean-de-Losne pour sa belle tenue en 1814. Il prend la route de la
Bourgogne, passe par Autun, où il destitue et remplace les magistrats
municipaux. Dans la nuit, le baron Passinges, un officier d'ordonnance du
maréchal Ney qui est à Lons-le-Saunier, vient lui annoncer le ralliement de ce
dernier. Napoléon répond : « Mon cousin, conservez votre commandement. Mettez
sur le champ vos troupes en marche et venez me rejoindre à Auxerre, je vous
recevrai comme au lendemain d’Elchingen et de la Moskowa ».
Le 16 mars, départ d'Autun, pour se diriger sur Avallon par Chissey-en-Morvan.
Napoléon est en calèche à six chevaux, escortés par les Polonais, rouges et or,
menant Tauris son cheval " blanc persan ". La troupe traverse les campagnes, La
Roche-en-Brenil, Rouvray, Cussy-les-Forges. À Avallon, au milieu de la
population portant des drapeaux tricolores, le général Girard attend avec deux
nouveaux régiments.
Le 17 mars, Napoléon quitte Avallon, direction Auxerre où il est reçu
officiellement à la préfecture. Après un relais à Vermenton, cinq voitures
transportent les compagnons de Napoléon, celle du préfet Gamot, le beau-frère du
maréchal Ney, avec son sous-préfet Audibert, puis celle du général Drouot, celle
de l'Empereur accompagné du grand-maréchal Bertrand, une simple voiture de poste
autour de laquelle caracolent les lanciers polonais avec les colonels Jermanwski
et Du Champ et le capitaine Raoul. Suivent la voiture des secrétaires Fleury de
Chaboulon, Rathery, Champollion et dans la dernière les gens du service :
Marchand, le géant Noverraz, Gentilini, le Mamelouk Ali. La voiture pénètre dans
la préfecture par une porte neuve, reconstruite en 1810 après que l'on ait
démolie l'ancienne pour dégager le maréchal Davout, prisonnier dans sa voiture
coincée entre les pierres. Le soir vers 18 h 00 Napoléon passe en revue, place
Saint-Étienne, le 14e de ligne du colonel Bugeaud.
Le 18 mars, à Auxerre, Napoléon parcourt les journaux arrivés de Paris et les
dépêches interceptées. De son côté, le maréchal Ney, pris entre le marteau et
l'enclume, ne savait plus où était son devoir après avoir rejoint l’Empereur.
Son épouse Aglaé Auguié, nièce de Mme Campan, subissait sans cesse des brimades
à la cour de Louis XVIII. Michel Ney souffrait des persécutions de son épouse,
comme il souffrait de voir le peu de cas que faisaient les nouveaux parvenus au
pouvoir et qui oubliaient les 20 années écoulées. Il avait aussi en mémoire son
attitude à Fontainebleau. Pour l'heure il venait de Besançon, où Soult, ministre
de la Guerre, l'avait expédié pour marcher au devant des Elbois, puis de
Lons-le-Saunier où il avait donné congé à ses divisionnaires Lecourbe et
Bourmont. La défection du maréchal Ney fit forte impression dans la capitale. À
Auxerre, Napoléon réunit les bateliers et les retient pendant une heure. Ils
sont médusés de voir qu'un empereur en sait sur la batellerie autant qu'un
marinier. Les troupes vont remonter par le coche d'eau, en péniches, barques,
tout ce qui flotte. La Garde, arrivée à Chaumont, aux ordres du maréchal
Oudinot, rejoint Napoléon.
À Auxerre, Napoléon écrit à Marie-Louise sa troisième lettre depuis son départ
de l'île d'Elbe qu'un officier déguisé en négociant tente de porter à Vienne : «
Ma bonne Louise, les peuples courent en foule au-devant de moi. Des régiments
entiers quittent tout pour me rejoindre. Je serai à Paris quand tu recevras
cette lettre. Viens me rejoindre avec mon fils. J'espère t’embrasser avant la
fin du mois ».
Le 19 mars, dimanche des Rameaux, Napoléon a organisé le dernier bond qui le
conduit à Paris. Par l'intermédiaire de Bertrand et de ses secrétaires et aides
de camp, il a fonctionné comme à la veille d'une bataille.
D'Auxerre à Sens part Joigny, pendant que l'Empereur galope, l'armée abandonne
le roi. À Sens le maire, de Laurencin, vient se présenter. L’Empereur, qui
redoute une révolution sanglante dans la capitale, lui dit : « Les avant-postes
sont aux mains. Il n'y a pas un moment à perdre pour empêcher le sang de couler,
et ma présence seule peut tout rallier ».
Cette nuit là, Louis XVIII part vers Beauvais. Le duc de Berry et le maréchal
Marmont, qui commandait la maison du Roi, forment l'escorte. Tous les ministres
partent dans la nuit.
Les nouvelles de la fuite du roi ne tardent pas à arriver aux oreilles des 20
000 hommes du duc de Berry, échelonnés entre Villejuif et Corbeil-Essonnes : le
1er corps d'infanterie sous les ordres de Maison, à Chevilly-Larue, le 2e corps
sous les ordres de Rapp, à Bourg-la-Reine, la cavalerie en éclaireur sous les
ordres de Kellermann. Le général Belliard commande en second pendant l'absence
du maréchal Macdonald. Le soir, ce dernier leur fait passer l'ordre de se
replier vers Saint-Denis pour monter sur Beauvais. À la nuit, Napoléon et sa
suite arrivent à Pont-sur-Yonne.
Arrivé à Fossard, l’Empereur trouve alignés le long de la route des cavaliers
emmitouflés. Ce sont les hommes du 13e dragons de l'armée du duc de Berry. Leurs
officiers sont partis tandis que leurs hommes préfèrent rallier l'armée de
l'Empereur. Dans la nuit, en route pour Melun où il croit trouver l'armée du duc
de Berry, voyant ses troupes échelonnées sans officiers, Napoléon décide de
rentrer à Fontainebleau et bifurque sur Moret-sur-Loing. Sans tambour ni
trompette, l'Empereur débarque et demande à se reposer quelques instants. On lui
envoie des courriers tous les quarts d'heure. Napoléon est toujours inquiet
croyant Louis XVIII à Paris et redoutant un soulèvement populaire. Arrivé à
Fontainebleau, la ville dort mais le château est illuminé. Entrée dans la cour
du Cheval Blanc, la cour des Adieux du 20 avril.
Le 20 mars, le général Haxo qui pense rejoindre Louis XVIII, trouve les
Tuileries quasiment désertes. A 7 heures, Lavalette a pris la direction de la
Poste et prévient les maîtres de postes que l'Empereur sera là avant deux heures
et de ne plus fournir de chevaux sans autorisation. Lavalette interrompt la
publication du Moniteur universel. Aux Tuileries, le ministre des Finances a
oublié 50 millions dans les coffres. Le chancelier Pasquier interroge
Cambacéres.
À Fontainebleau, les troupes arrivent sans cesse. Les Elbois montés par coche
d'eau arrivent par Montereau-Fault-Yonne.
Sur la route de Fontainebleau, les gens accourent pour revoir l'Empereur. Il est
en route pour Paris. Le courrier de Lavalette est arrivé, en même temps que
d'autres messagers envoyés par Savary, Hortense et peut-être Fouché.
À Paris, les généraux Exelmans et Sébastiani ont pris les choses en mains. Le
drapeau tricolore flotte aux Tuileries à 2h 20, dôme de l'Horloge, aux Invalides
à 2h 30. À 2 h 45, au lycée Louis-le-Grand, Sadi Carnot par la fenêtre voit le
drapeau hissé au sommet de la colonne Vendôme.
Dans l'après-midi, à la suite d'Exelmans, les dignitaires impériaux sont
réapparus, avec Hortense qui porte les habits du deuil de sa mère, l’impératrice
Joséphine. Napoléon entre dans Paris.
Longueur : 390 km
Direction : nord-ouest/sud-est
Extrémité nord-ouest
N6 Bourgoin-Jallieu
Intersections D1075 à Voreppe
D1091 à Vizille
N94 à Gap
N96 à Château-Arnoux-Saint-Auban
N202 à Barrême
Extrémité sud-est Golfe-Juan
Villes principales traversées : Bourgoin-Jallieu, Grenoble, Vizille, Laffrey, La
Mure, Gap, Digne-les-Bains, Grasse, Golfe-Juan
Réseau Route nationale classée de : Barrême à Aubignosc et de La Saulce à
Pont-de-Claix et déclassée sur le reste du parcours.
Territoire traversé
2 régions : Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d'Azur
4 départements Isère, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes