Les hommes célèbres

Napoléon-François-Charles-Joseph. Roi De ROME, NAPOLEON II , DUC DE REICHSTADT dit l’Aiglon… (1811-1832)
Il est né le 20 mars 1811. C’est le fils de Napoléon 1er et de Marie Louise
d’Autriche qu’il épousa le 11 mars 1810. Napoléon est séduit par cette jeune
fille et une affection réciproque les unit. Napoléon triomphe car l'héritier
tant attendu est né. .

Cependant la vie de François Napoléon débute par un drôle d'événement: Alors qu'il vient d'être mis au monde par sa mère l'impératrice Marie Louise au milieu des hauts dignitaires de la Cour comme c'est la coutume, le petit est tout simplement oublié sur le tapis alors que tous se pressent autour de sa mère... Enfin, Napoléon le prend dans ses bras et rayonnant le montre à l'assistance "Sa Majesté le Roi de Rome!" . Le canon se met à tonner dans Paris pour annoncer la naissance tant attendue : 101 coups de canons, c'est un garçon!

Paris est en liesse! Napoléon Ier a un descendant.Napoléon 1er n’a pas le temps de triompher car la guerre reprend et la France est écrasée. Napoléon Ier doit abdiquer avant de partir pour l'île d'Elbe. Napoléon fait prisonnier et envoyé au loin, l'Impératrice ne sait plus vers qui se tourner pour trouver aide et protection. Malgré l’hostilité de son propre père l'Empereur d'Autriche, Marie Louise et François Napoléon se mettent sous sa protection. Ils partent pour l'Autriche pour ne plus jamais revenir en France. C’est dans le triste château de Schönbrunn, que François Napoléon va désormais habiter. Au début, l'Empereur d'Autriche pense que son petit fils pourra un jour hériter d'une couronne en Italie. Il propose donc à Marie Louise de partir pour le duché de Parme où elle régnera en attendant que son fils soit assez grand pour la remplacer. Marie Louise part donc, laissant derrière elle son petit garçon aux mains de son grand père. Mais en 1814, une nouvelle incroyable arrive à Vienne : Napoléon Ier s’est enfui de l’île d’Elbe. Il se précipite sur Paris pour retrouver son trône et réclame à son beau père sa femme et son fils. L’Empereur d’Autriche refuse de lui obéir et garde François Napoléon en otage afin que Napoléon Ier lui obéisse. Comprenant que la famille de Napoléon est un danger pour la paix en Europe, son grand-père est résolu de faire de François Napoléon un véritable petit autrichien. Il doit coûte que coûte oublier ses origines, sa langue et sa famille française. L'entourage français que le petit garçon avait ramené avec lui de France doit partir. Il est donc renvoyé et remplacé par des autrichiens. On lui change son prénom et on l’appelle Franz qui est la traduction de François. Il ne doit plus parler le français sous peine d'être puni, et gare à celui qui l'appelle François Napoléon. Napoléon Ier ne peut rien pour lui en ce moment car il est en train de perdre la guerre à Waterloo en Belgique... Cette fois-ci c’est vraiment la fin. Napoléon est obligé d'abdiquer; il laisse la couronne à son fils qui prend le nom de Napoléon II (Franz, retenu prisonnier en Autriche ne le saura jamais) . Mais après l'effondrement de l'empire, l'«Aiglon» connaîtra à Vienne une fin de vie douloureuse et une mort romantique qu'a su mettre en scène Edmond Rostand.. Mais les ennemis de la France ne veulent pas du fils de Napoléon et veulent que le frère de Louis XVI monte sur le trône. Louis XVIII sera donc roi de France.


Napoléon II aura régné 2 jours. Son père, cette fois-ci, est envoyé très loin, dans une île perdue au milieu de l’Océan Atlantique, au large de l’Afrique. C’est là bas à Sainte Hélène qu’il mourra quelques années plus tard sans avoir revu ni la France, ni sa famille. Le retour de Napoléon que l'on croyait bien gardé dans l'île d'Elbe a donné des sueurs froides au grand père de Franz. Il a maintenant très peur que sa présence en Italie attire des amis de l'Empereur et menace un nouvelle fois la paix en Europe. il faut se débarrasser définitivement des Bonaparte. Le fils de Napoléon Ier ne peut pas régner; il doit rester en Autriche sous la surveillance des autrichiens. François II lui donne un nouveau titre à consonance autrichienne : il devient l’Altesse Sérénissime Franz, duc de Reichstadt. Toute référence à ses anciens titres impériaux est effacée et nul n’a le droit de les lui rappeler. Marie Louise sait désormais que son petit François Napoléon ne lui succédera jamais sur le trône de Parme. Il est pour toujours prisonnier de son grand-père et n’a pas le droit de quitter l’Autriche devenue sa nouvelle patrie. Sa mère en Italie préfère alors l'oublier à son tour. Elle va se remarier et avoir de nouveaux enfants. A la mort de Napoléon en 1821, Franz devient chef de la Maison Bonaparte. Tous les regards se tournent vers Vienne, certains avec espoir, d'autres avec terreur. En effet, les règnes de Louis XVIII et de Charles X qui lui a succédé ne se passent pas bien ; la révolution gronde à nouveau en France. Charles X est obligé de s'enfuire abandonnant la couronne de France. Nombreux sont ceux qui se mettent à espérer dans le fils de Napoléon Ier. François Napoléon pourra-t-il saisir cette occasion pour monter sur le trône? Hélas ! Bientôt l’occasion est manquée, la couronne est ramassée par le cousin du roi qui prend le nom de Louis Philippe Ier. Ce sera le dernier roi de France... Mais Franz est laissé dans l’ignorance de ces événements. très soucieux de la paix en Europe son grand père exige qu'il soit isolé nul ne peut l’approcher ou lui parler sans permission. Petit à petit, Franz se renferme sur lui-même. Il se plonge dans les études d'histoire où il entend enfin parler de son père et de la France. Il ne parle plus que l’autrichien avec son entourage, écrit parfois à sa mère à Parme qui s'est remariée. Il ne la voit finalement plus. A 16 ans, il tombe malade des poumons. C’est une terrible maladie que les médecins de son époque ne savent pas guérir. Partout en Europe les révolutions font trembler les dynasties en place. A Parme, Marie Louise est renversée de son trône et faite prisonnière dans son château. Apprenant le drame, Franz, plein de fougue et d’espoir, se précipite auprès de son grand-père pour lui supplier de lui accorder l’honneur de se battre pour sa mère et de l’aider à retrouver sa couronne. François Ier refuse sèchement. Ce refus met le jeune homme une fois encore au désespoir. En France néanmoins, il a des amis qui ne l’oublient pas : les Bonapartistes. Ce sont les Français qui sont encore fidèles à l’Empereur et qui souhaitent le retour des Bonaparte en France. Ils essaient de faire parvenir des messages au petit Franz: surtout qu’il n’oublie pas qu’il est français ! Un jour, un des conspirateurs, malgré la surveillance rapprochée du gouverneur de Franz, muni d’un message et d’une motte de terre de France parvient s'introduire dans les appartements privés de l'Aiglon. Discrètement, il dépose la motte de terre et le message dans sa chambre...mais hélas !le petit mot est trouvé avant que Franz ne parvienne à le lire, quant à la motte de terre elle finit jetée dans le jardin. Un autre jour dans l’année 1832, peu de temps avant la mort de Franz, un ancien valais de chambre de Napoléon présent à Sainte Hélène tente de le rencontrer afin de lui remettre les reliques que son père mourant avait désiré qu’il reçoive en souvenir. La visite est refusée à cet homme fidèle sous prétexte qu’une trop grande émotion risque de nuire à la santé du jeune prince ; il repart tristement avec les reliques. Franz ignora toujours la visite de cet homme si dévoué à son père. En 1831, Franz a 21 ans il est devenu un jeune homme très grand (il mesure près de 2 mètres !), maigre, au teint pâle ce qui lui donne un air romantique. Son grand-père, qui l'aime bien malgré tout, vient parfois lui rendre visite . Pour faire plaisir à son petit-fils, il lui donne un régiment à commander. Franz s’en occupe avec passion se levant à l’aube et faisant des exercices fatigants pour sa faible santé. De plus en plus souvent, il doit se coucher pour se reposer. C'est alors qu'il passe de longs moments à rêver tristement devant le portrait de Napoléon Ier qu’a fini par lui offrir son grand-père. Le jeune prince continue à tousser et à s’essouffler. Les médecins pensent qu'il ne vivra pas longtemps. En effet, au mois d’avril 1832, Franz se met au lit et ne se relève plus. On appelle sa mère qui quitte Parme aussi vite que possible pour venir l'embrasser une dernière fois. Il meurt dans ses bras le 22 juillet 1832 à cinq heures du matin, après de longues et cruelles souffrances. L'Aiglon n'a pas eu le temps d'avoir un destin politique : il meurt à l'âge de vingt-et-un ans, emporté par la tuberculose. Il est enterré dans le caveau des Capucins à Vienne, cimetière de ses ancêtre maternels.

Chaque jour, jusqu'à son départ pour la France 200 ans plus tard, une main mystérieuse déposera un petit bouquet de violettes fraîches sur sa tombe . Ainsi se termine l’histoire de François-Napoléon né sur les marches du trône de France. Lui qui était né pour régner sur l'Empire le plus puissant d'Europe sera finalement mis au secret et oublié par l'Histoire. Il faudra attendre, un certain 15 décembre 1940, afin que l'Aiglon retrouve la mère-patrie. Le cercueil contenant les restes mortels du Roi de Rome est remis aux Autorités Françaises dans la Cour de l'Hôtel des Invalides à Paris. En 1969, à l'initiative d'André Malraux, alors Ministre des Affaires culturelles, le cercueil de l'Aiglon fut placé dans un caveau, non loin de l'Empereur. Le père et le fils reposent maintenant en paix sous le dôme doré des Invalides.


Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824 )
Cambacérès est né à Montpellier le 18 octobre 1753, décédé à Paris le 8 mars
1824. Il se fait remarquer dans son département comme président au tribunal
criminel de l'Hérault. Il est juriste de formation. Elu, sous la Révolution,
député à la Convention, il vote avec réserve la mort du roi puis participe à la
lutte contre les Girondins. C'est presque la dernière fois que l'on entend
parler de lui sous la Révolution. Enterré volontaire au Comité de Législation,
il travaille sur ce qui sera bientôt le code civil de Napoléon. Cambacérès,
Second consul, puis archichancelier de l'Empire, rédigea en grande partie le
code Napoléon. C 'est grâce à son intervention que l'homosexualité n'est plus
considérée comme un délit dans les versions successives du Code Civil.
Archichancelier d'Empire en 1804, finit exilé comme régicide après la chute de
l'empereur. Un révolutionnaire, Cambacérès ? Non pas, mais un homme habile à
s'occuper de sa propre fortune.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1758-1838)
Il est Prince de Bénévent (1806), homme politique français. . IL est issu d'une
famille de haute noblesse. Victime d'une maladie génétique, le syndrome de
Marfan, et non d'une chute accidentelle comme le veut la légende véhiculée par
Talleyrand lui-même, il est pied-bot. A l'âge de 15 ans en 1769, on le pousse
vers la prêtrise. Il est ordonné prêtre à 25 ans en 1779. En 1780 Talleyrand est
nommé Agent Général du Clergé et, en sa qualité de secrétaire, est chargé, en
1785, de défendre les privilèges fiscaux de l'Église face aux besoins d'argent
de Louis XVI. De 1783 à 1792 Talleyrand a pour maîtresse la Comtesse Adelaïde de
Flahaut. Le couple a un enfant, né en 1785, prénommé Charles, comme son père
naturel. Ce Charles de Flahaut deviendra plus tard l'amant de la Reine Hortense
et le père du Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III. Destiné à une carrière
ecclésiastique, il devint évêque d'Autun (1788). En 1790 également, notre évêque
est l'un des acteurs majeurs de la confiscation des biens de l'Église par la
Révolution. Il prête serment à la Constitution Civile du Clergé. Il sacre en
février les deux premiers évêques constitutionnels qu'on appellera les évêques
talleyrandistes. Il abandonna bientôt l'Eglise et fut nommé agent diplomatique à
Londres en fév. 1792. Porté sur la liste des émigrés ( déc. 1792), il résida aux
E.-U. de 1794 à 1796. Ministre des Relations extérieures (1797) grâce à Barras.
Il a été un artisan des plus actifs du coup d'état du 18 brumaire et garda son
poste de ministre. En 1803, il s’installe au château de Valencay. Le château et
son domaine font 19.000 hectares. Selon la légende, il met trois jours pour
faire le tour de ses propriétés. La duchesse de Dino partage le pouvoir du
maître des lieux. Sa mission officielle en tant que Ministre des Relations
extérieures consista à recevoir des gens du corps diplomatiques, des étrangers
marquants. Il négocia d'important traités, jusqu'en 1807 ; à cette date,
Talleyrand, qui n'approuvait pas la politique de conquêtes de Napoléon,
abandonna son portefeuille et mena un double jeu, qui lui valut d'être disgracié
(1809). Ayant appelé Louis XVIII au pouvoir à la demande des Alliés (1814), il
fut ministre des Affaires étrangères sous la première Restauration et défendit
la France au congrès de Vienne, en jetant notamment la division parmi les
Alliés. Président du Conseil contre les ultras (juil. 1815), il démissionna
(sept.) et passa dans l'opposition libérale. En 1830, il contribua à
l'instauration de la monarchie de Juillet et fut nommé ambassadeur à Londres
(1830-1834). Peu avant sa mort, il se réconcilia avec l'Eglise (qui l'avait
rendu à l'état laïc en 1802). Ainsi se termine la vie du plus illustre des
diplomates que la France ait jamais connu. Talleyrand est un personnage
historique contrasté : évêque d'Autun entretenant des maîtresses, aristocrate
attaché aux mœurs de l'Ancien Régime mais se ralliant aux idées
révolutionnaires, ecclésiastique défroqué, diplomate subtil et actif. Il n'a
jamais cessé d'alimenter la haine et les controverses, passa son existence à
aimer la France, à la défendre de toutes ses forces dans la période la plus
troublée de son histoire. Il souhaita développer le commerce, la paix et
l'instruction. S'il y a un fait à reprocher à Charles-Maurice, ce ne sont pas
ses trahisons, ses rapports avec l'argent ou les femmes, c'est bien son rôle
dans l'assassinat du duc d'Enghien (le duc d'Enghien est arrêté dans la nuit du
14 au 15 mars à Ettenheim sur le territoire de Bade par le général Ordener et
conduit à Strasbourg puis transféré à Paris. Le 20 mars il est jugé, condamné à
mort et exécuté dans les fossés de Vincennes par Savary.). Cet enlèvement en
terre étrangère et cet assassinat sont l'œuvre de Talleyrand. C'est lui qui en
est l'instigateur même si c'est Napoléon qui ordonne.
Surcouf, Robert-Charles (1773-1827)
Il est né à Saint-Malo, en 1773, il est la figure emblématique de la cité
corsaire. Originaire de La Hague, il compte plusieurs corsaires parmi ses
ancêtres. Descendant de Duguay-Trouin par sa mère, Surcouf, tout jeune, montre
un goût très marqué pour la mer. Pourtant ce n'est pas à la mer qu'on le
destine, il reçoit la tonsure et entre au séminaire. Mais au petit Robert de 13
ans on n'impose pas sa volonté : après les avoir passablement bousculés, il
quitte les prêtres chargés de son éducation et décide de rejoindre des maîtres
autrement robustes : les bateaux. Il commence à naviguer en 1786. Il fait la
traite des Noirs entre 1789 et 1791 sur les côtes de Mozambique et de
Madagascar. Peu après, il part pour les Indes. S'étant fait remarquer par ses
qualités de marin, il devient lieutenant à dix-sept ans.. A 18 il est déjà
lieutenant mais préfère quitter la Marine de guerre, sans doute désireux de se
retrouver seul maître à bord. Il est reçu capitaine au long cours à l'île de
France (actuelle île Maurice), le 3 juin 1794, et participe à la guerre de
course contre le commerce anglais dans l'océan Indien. Il commande la Créole
puis l'Émilien s'empare de 6 navires dans le golfe du Bengale, dont le Triton,
navire de 26 canons. Obligé, de se rendre en France pour obtenir du ministère
des lettres de marque validant ses activités de corsaire, il repart de Nantes en
août 1798 au commandement de la Clarisse, prend 4 navires dans l'Atlantique Sud
et autant dans la région de Sumatra en février 1799. En août suivant, ce sont 7
autres navires qui tombent entre ses mains dans le golfe du Bengale. Surcouf
prend le commandement de la Confiance en mai 1800 et fait une nouvelle campagne
particulièrement brillante au cours de laquelle 9 navires ennemis sont capturés,
dont le Kent, indiaman de 1 200 tonneaux portant 38 canons. Revenu en France en
1801, fait chevalier de la Légion d'honneur en 1804, Surcouf repart en 1807 vers
l'océan Indien avec le Revenant. Au cours de cette dernière campagne, il ne fait
pas moins de 16 prises. A ces activités guerrières, Surcouf joint un rôle
important d'armateur : il arme 15 corsaires qui opèrent pour ,on compte dans
l'océan Indien, commandés notamment par son frère Nicolas et son cousin Joseph
Potier. Colonel de la garde nationale de sa ville natale, chef de légion durant
les Cent-Jours, Surcouf se consacre, la paix revenue, à des armements
commerciaux vers l'Afrique, l'océan Indien l'Amérique du Nord, notamment
Terre-Neuve, et les Antilles. Ce combattant audacieux, ce manoeuvrier
remarquable, était d'une très grande indépendance d'esprit et refusa toutes les
offres qu 'on lui fit d'entrer dans la marine de l'état. il s'installe
définitivement à Saint-Malo, pourvu d'une solide fortune et d'un titre de baron.
Il meurt le 8 juillet 1827. C'est par mer, entouré de plus de cinquante canots,
qu'il gagne le cimetière de la ville.
Barras (Paul, vicomte de) (1755-1829)
Il entra jeune dans l'armée, il a servi aux Indes, donné sa démission, et
assisté à la prise de la Bastille. Elu à la Convention par le département du
Var, il siège avec les Montagnards et vote la mort du roi. Envoyé en mission
dans le Midi avec Fréron, il participe au siège de Toulon, où il fait
connaissance de Bonaparte. Devenu suspect à Robespierre, Barras rassemble autour
de lui tous ceux qui se sentent menacés par l'Incorruptible (notamment Fouché,
Tallien, Fréron) et contribue de façon décisive à la chute de la Montagne
(journée du 9 thermidor). Nommé général en chef de l'armée de l'intérieur, il
écrase le 13 vendémiaire an III (5 octobre 1795) l'insurrection royaliste, avec
l'appui de Bonaparte. Elu directeur en vertu de la constitution de l'an III, il
mène une vie fastueuse. C'est grâce à lui que Bonaparte reçoit le commandement
de l'armée d'Italie. Grâce à son habileté politique (il est un des instigateurs
du coup d'état du 18 fructidor an V), il parvient à se maintenir au Directoire
jusqu' au coup d'état du 18 brumaire, auquel il ne tente pourtant pas de
s'opposer. Il donne sa démission et se retire dans son château de Grosbois, mais
le Premier Consul le contraint à se retirer à Bruxelles. En 1805, il retourne en
Provence, mais suspect de conspiration, il est assigné à résidence à Rome. Il
rentre en France à la chute de l'Empire et, bien que régicide, est excepté de la
proscription qui frappe tous ceux qui avaient voté la mort de Louis XVI. Barras
a assisté à la prise de la Bastille, il été à l'origine de la chute de
Robespierre, il a connu Bonaparte à Toulon, il l'a pris à son service en
vendémiaire et l'a fait nommer général en chef de l'armée de l'Intérieur, puis
de celle d'Italie, il lui a fait connaître Joséphine de Beauharnais et a dirigé
la France pendant 4 ans. C'est donc un personnage important dans l'histoire.
Eugène de Beauharnais (1781-1824)
Vicomte de Beauharnais, capitaine des chasseurs de la Garde, chef d'escadron à
Marengo, général de brigade (1804), prince français (1804), altesse impériale,
archichancelier de l'Empire (1805), vice-roi d'Italie (1805/1814), fils adoptif
de Napoléon Ier sous le nom d'Eugène Napoléon (1806), prince de Venise (1807),
grand-duc héréditaire de Francfort (1810), pair héréditaire d'Empire (1815), duc
de Leuchtenberg et prince d'Eichstädt, Bavière (1817). Fils du vicomte Alexandre
de Beauharnais et de Joséphine, le jeune Eugène commence sa carrière en 1797
comme aide de camp de son beau-père en Italie. Il le suit en Égypte, est à
Saint-Cloud le 19 brumaire. Il s'attache à son beau-père dont il va accompagner
l'illustre ascension ; docile, tenace et endurant il fera preuve de courage. Il
est à l'armée d'Italie comme sous-lieutenant des hussards, gagne ses galons et
est blessé pendant la campagne d'Égypte avant de regagner Fréjus à la barbe de
l'escadre anglaise et d'intervenir avec sa sœur Hortense auprès de Napoléon afin
qu'il pardonne à leur mère sa conduite scandaleuse avec le Capitaine Hippolyte
Charles empêchant ainsi un divorce public dont le retentissement aurait pu
compromettre le coup d'état des 18 et 19 Brumaire.

Jeune homme accompli, d'une rare élégance, à la stature parfaite il anime avec sa sœur Hortense les après-midi et soirées de la Malmaison où l'on joue dans le petit théâtre La mariage de Figaro de Beaumarchais. . En 1802, à vingt et un ans, il est colonel des chasseurs à cheval de la garde consulaire. Après la proclamation de l'Empire, Eugène devient, le 7 juin 1805, grâce à son dévouement, vice-roi d'Italie. Il épouse, le 14 janvier 1806, la fille du roi de Bavière, Augusta-Amélie (17881851). Sous leur direction s'organise à Milan une cour assez vivante et détendue. Porté sur le métier des armes, courageux au combat, le prince Eugène participe à toutes les grandes campagnes. Jusqu'à la naissance du Roi de Rome, il est l'héritier présomptif de l'Empire. En 1812, il se couvre de gloire à la Moskova et à la Berezina, l'armée russe n'est pas anéantie, Napoléon ne voulant donner la garde. Les conditions épouvantables de la retraite vont assombrir son caractère et prématurément le vieillir. La défection de Murat le laisse à la tête des débris de la Grande Armée réduite à quelques milliers d'hommes. En soixante jours il fera une retraite magnifique échappant à l'encerclement et faisant la jonction avec la nouvelle armée des conscrits livrée par l'Empereur puis il regagnera l'Italie où il devra éviter les mouvements de sédition, maintenir l'ordre et la sécurité. A la chute de l'Empire, grâce à son beau-père, le roi de Bavière, il obtient le titre de duc de Leuchtenberg et la principauté d'Eichstâtt. Le prince Eugène meurt prématurément d'apoplexie, à l'âge de quarante trois ans. Le mariage de sa fille aînée avec le filleul de Napoléon, Oscar de Suède, fils de Bernadotte sera sa dernière grande joie. Après plusieurs attaques d'apoplexie, il meurt en 1824 paralysé. Les Maisons de Suède et de Norvège ainsi que la famille impériale de Russie descendent d'Eugène. " Honneur et Fidélité " l'épitaphe sur le tombeau du prince Eugène à l'église Saint-Michel-de-Munich résume sa vie. On aurait pu y ajouter courage et loyauté.

Louis Antoine Henri De Bourbon , duc d'Enghien (1772-1804)
(Chantilly, 1772 - Donjon de Vincennes, 1804)
Louis de Bourbon, duc d'Enghien, émigre à la Révolution. Il sert comme cavalier
dans l'armée commandée par son grand-père. Lorsque celle-ci est licenciée, il se
retire à Ettenheim, ancien évêché de Strasbourg devenu grand-duché de Bade, pays
neutre voisin de la France. Il vit paisiblement, partageant son temps entre la
chasse et sa liaison amoureuse avec la princesse de Rohan-Rochefort.Il ne se
doute pas de ce qui l'attend. Un lieutenant de Cadoudal, arrêté, a avoué le
complot tramé contre le Premier Consul et mentionné la participation d'un
"prince de la maison des Bourbons". Peut-être à l'instigation de Talleyrand et
de Fouché, les soupçons se portent sur le duc d'Enghien. Un gendarme, envoyé à
Ettenheim pour enquêter, comprendrait mal les noms des émigrés amis du duc
d'Enghien. Thumery devient Dumouriez, Schmidt devient Smith, un agent anglais…
Aux Tuileries, la décision est prise. Le 15 mars, 200 hommes armés cernent sa
maison et s'emparent du prince, au plus grand mépris de la souveraineté de l'Etat
de Bade. C'est purement et simplement un enlèvement.
Le nuit même de son arrivée au fort de Vincennes, le duc est réveillé pour être
jugé. C'est Murat, alors gouverneur de Paris, qui a dû, à contrecœur, signer la
nomination de la commission chargée de le juger. La procédure est rapide. Après
un bref interrogatoire, le duc, qui avait demandé audience au Premier Consul
sans même obtenir de réponse, est jugé sans preuves, sans témoins, sans avocat,
par quelques officiers. A l'aube au pied du château de Vincennes après un
simulacre de procès Il est ensuite conduit dans les douves du château. Là, sous
une pluie fine, il est fusillé et enseveli.
Son crime : être né "Bourbon". Napoléon (dans son testament) : "J'ai fait
arrêter et juger le duc d'Enghien parce que cela était nécessaire à la sûreté, à
l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois
entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable
circonstance, j'agirais encore de même". Les historiens se passionnent encore
aujourd'hui pour l'affaire du duc d'Enghien. Dans quelle mesure Bonaparte a-t-il
été influencé par son entourage? Quelles étaient ses véritables motivations ? A
Fouché venu le tempérer au dernier moment, il aurait dit : "Qu'est-il besoin de
preuves ? N'est-ce pas un Bourbon, et de tous, le plus dangereux ? Vous et les
vôtres n'avez-vous pas dit cent fois que je finirais par être le Monk de la
France, par rétablir les Bourbons ? Eh bien, il n'y aura plus moyen de reculer.
Quelle plus forte garantie puis-je donner à la Révolution que vous avez cimentée
du sang des rois ? Il faut d'ailleurs en finir. Je suis environné de complots.
Il faut imprimer la terreur ou périr". Dix jours avant de mourir, soit dix-sept
ans plus tard, Napoléon fit rouvrir son testament pour rajouter ces lignes :
"J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien parce que c'était nécessaire à la
sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois
entretenait, de son aveu, soixante assassins dans Paris. Dans une semblable
circonstance, j'agirais encore de même". Ce qui est certain, c'est que l'affaire
du duc d'Enghien fut habilement exploitée par la propagande bonapartiste.
Arguant que la vie du Premier Consul était en péril, la presse prépara les
esprits à l'idée du pouvoir héréditaire.

Nicolas Levrault (-1812=
Nicolas Levrault, imprimeur officiel de la Grande Armée, suit pas à pas Napoléon sur les champs de bataille. et imprime sur sa presse roulante les communiqués destinés aux différents corps militaires. Le plus célèbres des communiqués fut en 1805 pour la bataille d'Austerlitz, ou il publia les déclarations du 1er et du 2 décembre. Elles sont imprimées sur le champ de bataille et distribuées aux différents corps de troupe. En 1811 il lança une édition du Code Napoléon en édition trilingue. En 1812 à Moscou pendant que la ville brûle, c'est le décret de la création de la Comédie Française qui sera imprimé sur les presses de Nicolas Levrault, qui disparaîtra quelques semaines plus tard avec son matériel dans la Bérézina.