LA GRANDE ARMÉE


Plus qu'un instrument de conquête, la Grande Armée constitue avant tout
l'expression du génie militaire de Napoléon. L'organisation de la Grande Armée,
"cette légendaire machine de guerre" repose sur le concept Napoléonien du corps
d'armée. Pour la première fois dans l'histoire militaire française, le corps
d'armée réunit plusieurs divisions sous un même commandement. La Grande Armée
est composée de sept corps d'armée identiques. Ces corps sont de petites armées
autonomes sous le commandement d'un maréchal. Les effectifs en constante
augmentation durant l'Empire sont les suivants: 1805: de 25000 à 30000 hommes
1813 pour la campagne de Russie: 81000 hommes. Chaque corps est constitué de 4 à
2 divisions . La division est une unité tactique crée par Carnot sous la
Révolution. Cette unité commandée par un général a un effectif de 5000 à 8000
hommes. Chaque division se partage entre l'infanterie, l'artillerie, le génie et
le train. Au corps d'armée s'ajoute La Garde Impériale, considérée comme l'armée
personnelle de L'Empereur. elle est Commandée par quatre maréchaux son effectif
est composé de troupes d'élite. la Garde possède ses propres régiments
d'infanterie, d'artillerie, de cavalerie, de génie et de train. Dès 1809, la
Garde se compose d'une Vieille, Moyenne et Jeune Garde. A ces troupes s'ajoute
la cavalerie qui est le fer de lance de la Grande Armée. Elle assure le "choc"
lors des batailles. Commandée par un maréchal. La composition de la cavalerie
est la suivante: cavalerie de réserve ou lourde : cuirassiers et carabiniers -
cavalerie de ligne : les dragons ,cavalerie légère : hussards et chasseurs à
cheval.

La garde :

Ce corps servait à l'origine de garde particulière aux gouvernements de la
révolution, (Garde du Directoire) puis aux Consuls ( Garde Consulaire) , puis à
l'Empereur. (Garde Impériale). Elle était à l'origine constituée de Grenadiers à
pied, à cheval et de quelques unités d'artillerie C'est sur cette Garde et sur
les Grenadiers que Bonaparte s'appuiera pour son coup d'état du 18 Brumaire.
La garde consulaire est issue de la garde du Directoire et de celle du Corps
législatif, la garde consulaire est organisée par le décret du 3 janvier 1800
(13 nivôse an VIII).
Bonaparte nomme à sa tête son futur beau-frère, Murat. Elle compte deux
bataillons de grenadiers à pied à six compagnies, deux escadrons de grenadiers à
cheval, une compagnie de chasseurs à pied et un escadron de chasseurs à cheval,
soit 1 304 fantassins et 604 cavaliers, auxquels s'ajoutent les 110 artilleurs
de la compagnie d'artillerie à cheval. « La garde des consuls sera recrutée
parmi des hommes qui se seront distingués sur le champ de bataille », précise le
décret d'organisation. Le 21 janvier 1804 seront créés deux corps de vélites de
800 hommes chacun à la suite, l'un de grenadiers à pied, l'autre de chasseurs à
pied. La garde consulaire constitue la base de la futur vieille garde, que
renforceront une moyenne garde et une jeune garde, cette dernière réunissant
plus de 30 régiments.

C'est le 28 floréal an XII (18 mai 1804) que la garde impériale fut créée
officieusement. C'est la garde consulaire qui prend le nom de «garde impériale».
Mais c'est par décret Impérial du 29 Juillet 1804 que la garde impériale est
constituée. Donc c'est au départ de l'empire par décret Impérial que la Garde
Consulaire devient la Garde Impériale. Il ne se contenta pas de changer le nom
de son ancienne Garde consulaire, simple unité assurant la protection du
gouvernement à l’intérieur, mais fit de sa garde un corps d’armée de tout
premier ordre, d’un effectif double et totalement dévoué à sa personne. Seules
les divisions principales de la Garde consulaire furent conservées.
La mission principale de la Garde était la protection de l'Empereur, mais
rapidement la Garde est devenue une unité combattante. La Garde devant servir de
modèle à l'armée. Elle forme son épine dorsale. Elle doit être irréprochable.
Elle se transforma en unité combattante. La Garde est l'unité d'élite par
excellence, une armée dans l'armée ; il n'existe aucun passe droit pour y
entrer, seule la bravoure, l'ancienneté, et une certaine taille étaient les
conditions d'entrées dans ce corps prestigieux. Elle devint la réserve de
l'armée. Elle encadre également les autres troupes, et renforce la cohésion au
sein de toutes les unités par sa seule présence et son comportement. Elle est le
ciment de la Grande Armée. Elle est utilisée en dernier ressort, pour donner le
coup de grâce, ou pour débloquer une situation périlleuse, à l'instar de la
Garde Prétorienne Romaine. C'est à elle que revient l'intervention décisive
lorsque le combat devient rude. De cette armée « à part », l’Empereur veilla
toujours jalousement à ce que rien ne fût
imprimé. Même le journal militaire officiel ne publia jamais une seule ligne sur
la Garde impériale ; ainsi, l’ennemi ne saurait jamais par quels moyens le «
petit caporal » s’attachait ces soldats d’élite ! L'Empereur en fit un corps de
tout premier ordre, totalement dévoué à sa personne. Napoléon va s'en occuper
avec un soin jaloux, lui donnant une importance inusitée, en faisant le noyau de
son armée.

La Garde comprendra deux régiments, un de grenadiers et un de chasseurs. Chacun
de ses régiments était composé de trois bataillons; deux bataillons de Garde et
un bataillon de vélites.
Le corps le plus célèbre est le régiment des grenadiers à pied de la vieille
garde, porteurs du fameux bonnet à poils. le 1er Régiment de Grenadiers à pied
de la Garde était une pièce maîtresse d'une armée. Les grenadiers sont classés
par taille, plus grand, env. 1.83 m minimum contre 1.73 m minimum chez les
chasseurs (Ceci est valable aussi pour les unités de cavalerie). Toutefois,
certaines rares exceptions furent admises chez les chasseurs pour accepter des
soldats hors critères de taille, mais d'une bravoure exceptionnelle (Arme
d'honneur par exemple).Le 1er Régiment de Grenadiers à pied de l'Armée
Impériale; c'est un corps prestigieux qui ne compte que 12 000 hommes venus de
toutes les armes et composé uniquement de vétérans. Tous ont déjà plusieurs
campagnes à leur actif et ils constituent une troupe d'élite sans égale et
dévouée corps et âme à l'Empereur. La solde y est sensiblement supérieure à
celle des autres unités. il est composé de vétérans aguerris, experts et dévoués
et entraînés. Ils font partie de ceux qui rouspètent mais marchent: les
Grognards.
Les grenadiers à pied: ce régiment de la garde consulaire fut réorganisé par
décret du 10 thermidor (29 juillet 1804). Il se composa alors d'un état major,
deux bataillons de grenadiers, un bataillon de vélites.

Chaque bataillon de Garde (grenadiers) est constitué de 8 compagnies (comprenant
chacune: 1 capitaine, 1 lieutenants en premier, 2 lieutenants en second, 1
sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 2 sapeurs (caporaux), 80
grenadiers ou chasseurs et 2 tambours.) et un bataillon de vélites.
Le bataillon de vélites est constitué de 5 compagnies comprenant chacune : 1
premier lieutenant, 1 second lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1
fourrier, 8 caporaux, 172 vélites et 2 tambours. Le Vélite est un futur Garde.
C'est un jeune soldat qui sert dans les rangs
des grenadiers ou des chasseurs, après avoir fait ses preuves. il est destiné à
être versé dans les effectifs des deux premiers bataillons si besoin est, et
formera son encadrement .(Départ pour les vétérans de la Garde, pertes subies,
mutations, promotions ou exclusions)
L'encadrement est assuré par des colonels et généraux en premier et en second. A
sa tête un général d'armée ou un Maréchal. . Soit 274 hommes.

Le 18 mai 1811 fut créé un 2e régiment de grenadiers à pied. Pour être grenadier
il fallait être sous-officier ou soldat de l'infanterie de ligne ou légère,
mesurer au moins 1,76 m, compter 5 ans de service et deux campagnes et s'être
distingué, tant sur le plan moral que militaire. Entrer dans la garde était un
honneur très recherché.
Il fallait un minimum de 10 ans de service pour entrer au 1er régiment, et 8
pour le second et avoir eu aux cours des combats un comportement irréprochable,
être de bonne moralité et savoir lire et écrire, bien que cette dernière
consigne semble avoir été quelques fois oubliée, elle était néanmoins une
condition d'entrée. Pour les officiers, ajouter deux ans à chaque critères. La
valeur des ses régiments était liée aux conditions draconiennes de recrutement.
Les soldats étaient admis dans la Garde pour leurs qualités de soldat et non par
qualité de naissance ou par népotisme.
La discipline au sein de ce corps était très dure, mais humaine. Les sanctions
d'expulsions dans la ligne définitive. Chaque Garde avait le grade supérieur
dans la ligne. Un caporal de la Garde est caporal chef dans la ligne par
exemple. A noter, les châtiments corporels y sont interdits, les Gardes se
vouvoient et s'appellent "Monsieur". Le port de la Moustache "en crosse de
pistolet" est obligatoire, ainsi que celui des pattes ou favoris. La moustache
est rasée pendant les quatre mois d'hiver. Les sapeurs portent la barbe. La
Vieille Garde porte les cheveux
longs en deux tresses nouées sur la nuque et poudrés de blanc/gris, attachés
avec un cordonnet frappé d'une grenade d'argent ou à l'Aigle. Les cheveux
poudrés blancs qui viraient au gris ont contribué à son appellation "Vieille"
Garde. Chaque soldat de la Vieille Garde porte à chaque oreille un anneau d'or
de la taille d'un écu. Outre la Vieille Garde on trouve aussi la Moyenne Garde
constituée en 1806 avec les Vélites de la Garde composée de Fusiliers Grenadiers
et de Fusiliers Chasseurs, puis la Jeune Garde crée en 1808, composée de
Tirailleurs (Futurs
Grenadiers) et de Voltigeurs( Futurs Chasseurs), unités destinées à servir de
pépinière à la Vieille Garde. La Moyenne Garde est plus exposée au combat que
ses aînés. Quant à la Jeune Garde, elle y est engagée sans précautions
particulières, et presque systématiquement; ils formeront la future Vieille
Garde et doivent donc être des combattants expérimentés. A Waterloo, la Moyenne
Garde n'existe plus car elle est officiellement intégrée à la Vieille Garde.
Néanmoins, ils sont toujours appelés Moyenne Garde par les autres troupes. Tous
les officiers de la Garde sont de Vieille Garde, les sous officiers montent d'un
cran dans la hiérarchie, un sous officier de la Jeune Garde fait partie de la
Moyenne Garde, et ainsi de suite.

S'y ajouteront en 1806 des fusiliers grenadiers et des fusiliers chasseurs issus
des vélites créés en 1804. A partir de 1809, les créations se multiplient :
tirailleurs, voltigeurs et, dans la cavalerie, mamelouks, dragons, chevaux
légers puis lanciers polonais. La Garde comprend également des corps de
cavalerie, dont les fameux Chasseurs à Cheval ainsi qu'une unité de Lanciers
Polonais, particulièrement fidèles à l'Empereur. Les Chasseurs à Cheval étaient
les unités favorites de l'Empereur. Sachant ménager la chèvre et le chou, il
dormait au milieu de la Garde à Pied mais portait très souvent l'uniforme vert
de colonel des Chasseurs à cheval de la Garde. Citons aussi les Grenadiers à
cheval, les Dragons de l'Impératrice, la gendarmerie d'élite, etc. Dans ces
régiments montés l'ont peut être de Vieille Garde, de Moyenne ou de Jeune Garde,
les premiers régiments ou escadrons indiquant l'appartenance par ordre
décroissant. La Garde a compté dans ses rangs des régiments aussi hétéroclites
que des mamelouks ou des éclaireurs tartares, des Gardes Hollandais à l'uniforme
blancs et une petite Garde attachée au Roi de Rome, fils de l'Empereur, futur
Napoléon II qui sera l'Aiglon au destin tragique. Il était d'ailleurs consigné
que pour ces enfants le port de la moustache n'était pas obligatoire. Cette
unité se battra avec courage dans les vignes de Montmartre en 1814, refusant de
décrocher jusqu'à l'ultime instant, pendant que les vétérans réformés de la
Garde, "les vieux de la Vieille" se battaient comme des lions autour des
Invalides.

La Garde possède également sa propre artillerie, à pied ou à cheval, célèbre
pour ses pièces de 12,"les plus belles filles de l'Empereur". L'artillerie à
cheval prend une très grande extension et compte 190 pièces en 1813. Il y aura
également des bataillons de marins, de sapeurs du génie, du train des équipages,
de gendarmerie. Elle contient également des unités d'artillerie, redoutable et
redoutées, de marins qui furent de presque toutes les campagnes en combattant à
pied, remplaçant le plus souvent les artilleurs de la Garde tués au combat.
La Garde à ses instructeurs et une administration qui lui est propre Son service
de santé est commandé par le célèbre chirurgien Dominique Larrey.
Elle à son propre corps de musiciens.

La Garde accompagne l'Empereur dans ses déplacements en campagne. Il n'est pas
rare de la voir à marche forcée sur les traces de l'Empereur pour le rejoindre à
tel ou tel bivouac prévu.
Quand Napoléon couchait au milieu de ses troupes, c'était invariablement au
milieu de la Garde. La Garde possède un uniforme plus prestigieux et de
meilleure coupe, ainsi qu'un armement qui lui est propre. La solde y est
supérieure, la nourriture meilleure. Elle est prioritaire en ravitaillement
pendant les campagnes. Et en temps de paix, elle à souvent le privilège de
cantonner à Paris. Au combat, la Garde porte la Grande Tenue. (Sauf à Waterloo).

Pour l'anecdote, lorsqu'un soldat de la Vieille Garde part en retraite ou est
réformé, il devient "un vieux de la Vieille", expression restée de nos jours.
Napoléon est particulièrement bienveillant avec sa Vieille Garde, qui lui voue
en retour une admiration sans bornes, l'Empereur qui sait mener les hommes,
utilisait fréquemment sur ces soldats des gestes symboliques qui galvanisait ces
troupes; le fameux "tirage" d'oreille" : "Soldat, je suis content de vous", ou
la remise de sa propre légion d'honneur, appelée "La croix", à un soldat
particulièrement valeureux. Le fin du fin était de recevoir de l'Empereur sa
propre croix qu'il détachait de sa poitrine pour l'accrocher lui même à
l'uniforme du soldat courageux. Hors campagne, Napoléon se promenant dans les
parcs avec l'Impératrice et son fils, confiait souvent ce dernier à un Vieux
Grenadier ou Chasseur de service, qui le portait dans ses bras. C'était pour le
vieux soldat la récompense suprême. Ainsi, celui que l'on appellera l'Aiglon, le
roi de Rome, était pour eux aussi une source de vénération. A la restauration de
1814, la Vieille Garde rebaptisée "Grenadiers de France" avait une fâcheuse
tendance à tomber subitement aphone au moment de crier "Vive le Roi". Ces
fidèles de Napoléon pour ne pas être punis utilisaient le subterfuge suivant ;
Ils criaient "Vive le Roi", puis quelques uns rajoutaient "De Rome", titre de
l'Aiglon.

Tous les grenadiers furent dispersés après Waterloo. A cette époque, le corps
des grenadiers était sous le commandement du
Lieutenant-général Friant et se décomposait ainsi:
1ère Division:
1er Régiment: Maréchal de camp Petit. 1er bataillon: Major Louvers. 2e
bataillon:
Major Combes; tambour-major : Capitaine-tambour-major Senot.
2e Régiment: Maréchal de camp Christiani. 1er bataillon: Major Martenot (puis
Chardelais de Courdoux). 2e bataillon: Commandant Colzio. Tambour-major Stabert.
2e Division: Lieutenant-général Comte Roguet.
3e régiment: Maréchal de camp Poret de Morvan. 1er bataillon: Commandant
Guillemin. 2e
bataillon: Commandant Belcourt.
4e régiment: Maréchal de camp d'Harlet . 1er et 2e bataillons: Major Lafargue.
Les guerres incessantes entraînèrent une augmentation constante des effectifs,
particulièrement après le désastre de 1812. Forte de 9.775 hommes en 1804, la
Garde comptait 23.924 combattants en 1809, 32000 en 1810, 56 169 hommes en 1812,
81000 en 1813 et se développant sans cesse pour atteindre 126.850 hommes en
1815. En fait, elle ne comptait plus que 17.498 soldats en janvier 1814 ! Quels
qu’aient été les
accroissements numériques de la Garde impériale, les deux corps d’infanterie,
celui des grenadiers et celui des chasseurs, existèrent toujours, presque
constamment calqués l’un sur l’autre.

Le corps de la Garde impériale se composaient de la façon suivante :

* Etat-major général.
* Corps des grenadiers à pied :
1o Grenadiers à pied (Vieille Garde).
2o Fusiliers grenadiers (Moyenne Garde).
3o Tirailleurs grenadiers (Jeune Garde).
4o Conscrits grenadiers (Jeune Garde).
5o Flanqueurs grenadiers (Jeune Garde).
6o Vétérans (Vielle Garde).

* Corps des chasseurs à pied :
1o Chasseurs à Pied (Vielle Garde).
2o Fusiliers chasseurs (Moyenne Garde).
3oTirailleurs chasseurs puis voltigeurs (Jeune Garde).
4o Conscrits chasseurs (Jeune Garde).
5o Flanqueurs chasseurs (Jeune Garde).
6o Gardes nationaux (Jeune Garde).
* Bataillon d’instruction de Fontainebleau.
* Pupilles.
* Cavalerie :
1o Grenadiers à cheval.
2o chasseurs à cheval.
3o Mamelouks.
4o Chevau-légers lanciers.
5o Dragons.
6o Eclaireurs.
* Gendarmes d’élite et d’ordonnance.
* Artillerie.
* Génie.
* Train d’artillerie, des parcs et des équipages, ouvriers.
* Marins.
* Gardes d’honneur.
* Fanfare

Sachez que la Garde Impériale à pied est considéré comme un des corps
les plus valeureux de toute l'histoire des armées .

UNIFORME

Le Grenadier revêt l'uniforme bleu à parement jaune des grenadiers à pied et
coiffe le
bonnet à poils qui devait devenir légendaire; sur sa poitrine se croisent le
baudrier
auquel est suspendu un sabre court et une bandoulière qui soutient la giberne
garnie
de cartouches. Il est armé d'un fusil « modèle 1777 » à courte baïonnette.
- Habit de drap bleu impérial avec collet droit de même couleur; revers et
pattes de parement à trois pointes, en drap blanc; parements et lisérés en drap
écarlate; doublure et retroussis en cadis écarlate ornés de grenades en laine
aurore
sur fond découpé de drap blanc.
- Epaulettes rouges lisérées de blanc, ainsi que les passants.
- Poches en long à liséré rouge. 7 petits boutons sur chaque revers, 3 sur les
parements, 2 près du collet, pour attacher les épaulettes; 2 gros boutons au pli
des
basques, 3 sur chaque poche et 3 du côté droit, sous les revers.
- surtout de drap bleu foncé porté en tenue de route ou de campagne. Il est
fermé devant par 9 gros boutons et les parements ronds ouverts en dessous
portent 2
petits boutons. Les brides d'épaulettes, les retroussis et les poches sont comme
sur
l'habit.
- veste en drap blanc, à manches, fermée devant par 12 petits boutons.
- culotte à pont-levis, en drap blanc et boutonnée sur le côté externe de la
jambe. Les guêtres sont blanches pour la tenue de parade, noires en hiver,
blanches à
boutons noirs en été et grises, portées sous le pantalon.
- chapeau de gros feutre noir porté en route ou en campagne. Il est orné, sur le
devant, d'une cocarde tricolore avec ganse aurore. Sur le devant également,
trois
passants de laine aurore et deux, derrière. Des pompons de laine écarlate
émergent de
chaque côté des cornes. Une carotte de laine rouge est fixée derrière la
cocarde. Ce
chapeau aurait été abandonné en 1809.
- le bonnet de police est dit "à la dragonne", en drap bleu, galons et
passepoils aurore, grenade découpée aurore fixée sur le devant.
- le bonnet d'ourson, attribut indispensable de la silhouette légendaire du
"grognard", est constitué par une carcasse de 33 cm, garnie de peau d'ours,
avec,
devant, un gland de fil blanc. Il comprend un fond de drap écarlate avec une
croix
blanche brodée au centre (avant 1807), une grenade blanche brodée au centre
(après
1807). Cordon de fil blanc à double guirlande nattée, terminé par une ou deux
raquettes blanches à pompons blancs. Plaque frontale en cuivre, frappée d'une
aigle
couronnée tenant un foudre et flanqué de deux grenades. Cocarde tricolore (bleue
au
centre, puis rouge, puis blanche à l'extérieur et frappée au centre d'une petite
aigle
couronnée). Plumet rouge.
- En route, l'ourson est recouvert d'une toile cirée et la giberne est elle
aussi recouverte d'un étui de toile cirée peint portant, peintes, les mêmes
armoiries.
Le plumet, lui aussi mis dans un fourreau de toile cirée et attaché le long du
sabre...
- La capote, en fort drap bleu, a les devants croisés et fermés par deux rangées
de huit gros boutons. Les brides d'épaulettes sont rouges à lisérés blancs.
Les grenadiers portaient les cheveux longs, noués en queue avec un ruban noir
piqué
d'une épingle en forme de grenade argent. Cheveux poudrés, favoris en "crosse de
pistolet" et moustaches.
Détail important : presque tous portaient une boucle d'oreille (ou deux) faite
d'un
anneau d'or du diamètre d'une pièce de 3 ou 5 francs.

EQUIPEMENT - ARMEMENT

- Giberne de cuir noir à patelette garnie d'une aigle couronnée entourée de 4
grenades aux flammes tournées vers l'intérieur. Banderolle de buffle blanchi, et
martingale fixée au bouton du baudrier porte-sabre.
- Baudrier de buffle à pendant porte-sabre muni d'une boutonnière permettant d'y
fixer le bouton soudé sur le fourreau du sabre.
- Havresac en peau de veau naturelle, patelette fermée par trois courroies plus
une faisant le tour complet du havresac et du manteau roulé.
- Fusil du modèle courant de la garde, dit "à bassinet ouvert", garnitures de
laiton, battants carrés, plaque de couche à grenade. Bretelle de buffle garnie
d'une
demi-boucle et d'un bouton double. Long.: 1,52 m - Calibre: 17,5 - Poids: 4,5
kg.
- Sabre briquet à lame à pan creux de 70 cm, fourreau de cuir noir à garniture
de laiton. Chape pourvue d'un bouton soudé pour la suspension au pendant du
baudrier.
Dragonne de buffle blanchi à gland rouge.
Chevrons d'ancienneté: à la partie supérieure de la manche gauche, en laine
aurore: 1
pour 10 ans; 2 pour 15 à 20 ans; 3 pour 20 à 25 ans.

SOURCES
La gazette des uniformes
Dossier "H"
Armes et uniformes des soldats du 1er Empire (L. et F. Funcken)
Documents "Historex"
Documents personnels
